17 avril 2009

Câlin-aholic

Non, je ne suis pas dépendante à ce point, mais reste que ça fait vraiment du bien. Et parce que ça fait du bien au moral, j'entretiens la chose. Venez m’en faire des câlins (quand c'est le temps évidemment, pas quand je suis en train de vous demander pour la 15e fois de vous placer en rang...). Et souvent, j'en demande.

Essayez de rester fatigués, songeurs ou dans votre bulle quand des enfants vous reconnaissent dans la rue, vous disent bonjour avec vigueur (pour ne pas dire avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles) puis vous sautent littéralement dans les bras. Ça vous remonte le Canayen et vous étampe un sourire en pleine face. Même sans la partie câlins, ça fait du bien, surtout quand les fameux bonjours viennent d'élèves qui auraient toutes les raisons de vous éviter vu que leur dernière période libre en votre présence s'est passée "sur le banc".

Ça redonne un boost d'énergie.

Des exemples?

  • Au retour du travail, ce soir, j'en ai eu quatre pour le prix d'un. Quatre enfants du primaire, enjoués et souriants, qui, me voyant à l'arrêt d'autobus, ont traversé la rue pour venir me voir et me sauter dans les bras. Une petite qui à toutes les fois qu'elle me voit prend sa course et vient me serrer fort, son frère et deux de leurs amis. On a jasé de leurs projets, ri un peu puis ils sont repartis à leur petite affaire.


  • Lorsque j'ai fait ce fameux premier dernier stage, j'ai eu un moment de franc découragement. Tous les autres enfants de la classe le percevaient. La preuve que les enfants sont de vraies petites éponges. Une des élèves, du haut de ses cinq ans, est venue à côté de moi et m'a frotté le dos, en me disant qu'elle ne trouvait pas ça plaisant pour moi ce qu'il faisait. Ces quelques cercles dans mon dos m'ont tellement fait du bien que je m'en souviens encore.


  • Un vieil ancien élève de bénévolat, que j'ai revu ado au camp de jour où je travaillais, m'a sauté littéralement dans les bras. Et non, il n'y avait pas le trip "poitrine" caché sous la manoeuvre. Il est trop poli, innocent et naïf, allumé dans son discours, sage et honnête pour ça. Mature, et encore assez enfant à 14 ans pour accepter de serrer une prof dans ses bras sans arrière-pensées. Pourtant, j'ai déjà eu à être assez sévère avec lui, petit chenapan! Semble que ça ne l'a pas trop traumatisé cet ado une demi-tête plus grand que moi! Depuis ce fameux été, je me demande ce qu'ils sont devenus, lui et sa vieille sagesse. Il devrait avoir 19 ans présentement.


C'est là l'avantage de travailler dans mon quartier. Chaque jour, je risque d'avoir "ma dose" de bonjours ou de câlins. Et ça peut aussi être des bonjours et des sourires provenant de parents. Je ne sais jamais quand ni où: ça peut être dans l'allée des biscuits sodas, au comptoir des viandes ou dans un wagon de métro. Ça peut être aussi lorsque je suis bien installée dans ma chaise longue dans ma cour ou à la clinique. Certains de mes collègues n'aiment pas l'idée, et je leur explique toujours que les enfants sont assez intelligents et comprennent vite que je suis dans ma bulle, dans ma vie privée. Après leur gentil bonjour et 2-3 échanges, ils s'en vont, contents, mais respectueux de mon intimité. Le mythe du placard où les profs sont remisés le vendredi et dorment jusqu'au lundi suivant en prend pour son rhume, mais bon, il le faut bien pour qu'ensuite ils arrêtent de croire au Père Noël!

Ça fait du bien à tout le monde... et je serais bien folle de ne pas en redemander!

14 avril 2009

Le monde est petit...

Je le réalise encore plus quand j'apprends au cours d'une couversation que celle qui me parle, que j'ai remplacée il y a quelques temps, est la conjointe d'un collègue d'étude avec qui je me tenais régulièrement.

Jamais je n'aurais pu le savoir si elle ne m'avait pas demandé où j'avais étudié, quand j'avais terminé mes études et si je connaissais pas son conjoint. Je savais bien son prénom, à elle (à l'époque il en parlait tellement souvent de sa douce), mais je ne connaissais pas son nom de famille et je ne l'avais jamais rencontrée.

C'est plaisant ces rencontres, et c'est plaisant de recevoir des nouvelles de gens qui ont marqué notre cheminement et dont on se souvient encore.

Un autre avantage de la suppléance :)

10 avril 2009

Nous deux, ça ne se peut plus

Elle a vraiment du bagou ma Suzie Risettes. Il n'y a rien à son épreuve. Tassez-vous de là, et tenez-vous-le pour dit: elle n'a pas la langue dans sa poche et le message ne peut être plus direct et plus clair. Même Charismatique Solitaire ne peut rien contre elle.

Justement, la dernière scène de "chien dans le nez" de notre demoiselle avait comme vis-à-vis Solitaire Charismatique. Faut croire que j'étais la dernière à le savoir, mais ils étaient, du haut de leurs 5 ans, en couple. En fait, je l'ai appris au moment ou Suzie expliquait à Solitaire que, et je cite, ça ne pouvait plus durer, que c'était fini entre eux, et que là c'était comme ça. Charismatique, qui pourtant n'a jamais perdu le dernier mot d'une histoire, n'a pu que demander pourquoi. Ce à quoi elle a répliqué qu'elle ne l'aimait plus et que c'était tout.

La scène était à la fois rigolote et surréaliste. Voir ma minuscule Suzie gesticuler et lancer ses tirades les deux mains sur les hanches à mon Charismatique en perte momentanée de moyens, ça valait une photo. Ce que ma collègue et moi avons tenté de faire subtilement, en essayant de taire notre barbe qui riait trop. Jusqu'à ce que les deux protagonistes s'en aperçoivent et, à l'unisson, nous lancent un "beeeeennn làààààà!!! Faites-nous plus jamais ça!!!".

Nous avons bien ri tous les quatre, jusqu'à ce qu'ils nous demandent de prendre une photo d'eux pour le vrai. J'aimerais que vous puissiez voir la pose de nos deux ex-tourtereaux. On y voit la complicité d'un moment, forte complicité, bien qu'une image ne laisse jamais totalement tout transparaître. Mais, en la voyant, vous pourriez imaginer tout ce que vous y avez manqué. En tout cas, moi, à chaque fois que je la verrai, je vais revoir Suzie et ses petits poings bien ancrés de même que Charismatique prenant son gaz égal, pour une fois.

09 avril 2009

Madame Dobby la Marâtre...

Mouaip...

Suis une marâtre...

De la pire espèce...

J'ai osé les priver de leurs chocolats de Pâques...

...

La matinée avait quand même bien commencé... Ils me connaissent, je les connais. Il a fallu que je leur sorte le méga tableau d'émulation, mais c'est correct comme ça. Vous en avez besoin à ce point pour sentir qu'on vous encadre, bien parfait.

Sauf que, cet après-midi, ça s'est gâté. Leurs aptitudes à se mêler des affaires des autres, à s'obstiner pour un rien, à dire "j'ai rien fait, c'est pas moi c'est lui qui a commmencé" quand je les prends en flagrant délit de varger sur un autre pour régler leurs problèmes et à lever le ton pour optimiser toutes ces options on été utilisées à vitesse grand V. En, en plus, ils font le tout à vitesse grand double-V: ce qui était une affaire d'un noyau de deux ou trois devient une affaire au carré quand chaque obstinateur se détourne du conflit principal pour créer chacun de son côté un nouveau conflit avec 2 autres personnes qui cherchent à les obstiner. Si vous avez déjà vu la séparation cellulaire, vous pouvez prendre l'image comme référence.

Bref, imaginez l'atmosphère quand les autres élèves décident qu'ils feront eux la loi et le prof à votre place. Yé. Même pas le temps de réagir ni de le voir venir (et ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé, loin de là).

J'ai eu beau faire la zen, mettre des moins dans le tableau d'émulation, mettre un plus pour souligner un effort de retrouver le calme, remettre des moins quand le chialage recommençait de plus belle (et devinez lesquels entre "les ceusses" qui sont à leur affaire et "les ceusses" qui sont les premiers à mettre leur grain de sel ordonnaient en criant aux autres de se taire? Ouaip, les derniers des "ceusses"!), sans compter le nombre de "mêle-toi de tes affaires" que j'ai pu dire, rien n'y faisait.

Finalement, j'ai pris l'option que je déteste le plus, mais qui a un effet boeuf pour limiter les dégâts et éviter que ça dégénère encore plus que dans les 30 dernières secondes: crier plus fort qu'eux et lâcher un WACK! comme on dit. Je dé-tes-te. Je déteste devoir crier quand parler fort n'est pas suffisant pour attirer leur attention. J'ai dû faire ça à multiples reprises, même si entre chaque fois il arrivait parfois que l'intervention posée puisse porter fruit. Et, je le répète, je déteste.

Jusqu'à la fin, je les prévenais de ce qui se passait, de ce que je voulais, pour finir par leur gueuler les mêmes consignes parce qu’à la minute où j'avais obtenu le silence et le calme, ils se mettaient en branle non pas pour faire ce que j'avais dit, mais pour aller se "chercher" mutuellement ou se régenter entre eux, au déplaisir des régentés qui n'en chialaient que plus.

Et, à la fin, mal leur en prit: je leur avais dit, pour les encourager à se grouiller, qu'ils avaient 2 minutes pour ranger, deux minutes pour que je passe des feuilles et qu'ensuite ils auraient le temps, s'ils respectaient tout cela, de recevoir les chocolats que leur enseignante leur avait laissés. Ils ont rangé en 2 minutes, ils se sont mis en silence pour recevoir les feuilles, mais ont profité de la distribution ce celles-ci pour repartir de plus belle leur autogossage.

Ça a été le dernier WACK! que j'ai lancé. Il a été suivi d'un très senti et tonitruant "laissez-faire les chocolats, j'ai eu beau essayer, vous ne les méritez pas. Et allez vous préparer pour partir...". Déception sentie, mais aucun n'a osé me contredire.

Je déteste ces journées-là où ça commence bien pour foirer. Où je dois crier. Maudit que je ne me sens pas pro!

Et c'est la première fois de ma carrière que j'annule un cadeau.

08 avril 2009

Juste pour vous dire...

Malheureusement, étant donné qu'un nononime semble avoir du plaisir à polluer mes commentaires, j'ai réduit un brin l'accès aux commentaires: seuls ceux qui sont inscrits à Blogger ou à l'un des systèmes de blogue avec OpenId (Live Journal, Typad, Wordpress, AOL) pourront commenter.

Tannée de lire un paquet de niaiseries partout!

Tutti-frutti 08-04-2009

  • Comment se fait-il que, lorsque je remplace notre prof d'éducation physique et que j'ai affaire à ma classe pour une période, j'ai plus d'impact et de contrôle sur eux que s'ils sont avec moi et un spécialiste de kinball? Bien honnêtement, ça fait deux cours que nous avons où j'aurais plutôt eu envie de jouer à Duck Hunt avec eux. Me suis plutôt défoulée sur une chaîne radio Internet de musique de drogués, comme une collègue m'a dit. Syndrome Ally McBeal, quand tu nous tiens...


  • Je ne sais plus quoi faire avec mon Bougon. L'aime pas l'école. Dès que c'est difficile, forçant, ou qu'il s'est levé du mauvais pied, on a affaire à sa baboune, à ses crises d'opposition, à ses yeux assassins, à ses grimaces. Faut dire qu'on le force à faire ses choses, concept qu'il n'a jamais eu à affronter pendant les cinq premières années de sa vie. Maman a, de son propre aveu, démissionné. Bref, nous sommes ma collègue et moi les premières à lui tenir tête. Yé... la joie. Faut même prévoir donner un mot à la mère pour qu'elle ne cède pas au chantage de fiston et que, malgré sa crise pour ne pas revenir en après-midi, elle doit l'envoyer pour qu'il fasse face à ce travail qu'il n'a absolument pas voulu faire le matin. Question que, pour une fois, il voit que ça ne fonctionne pas ça non plus.


  • Je suis *ENFIN!* l'heureuse proprio d'une nouvelle bombe informatique. Enfin, je peux vraiment profiter de la haute vitesse de mon internet. Mon ordinosaure de 2001 avant tellement de difficultés à tenir la cadence... en fait il ne la suivait pas du tout! Une des meilleures preuves est la différence de temps que prend un scan antivirus: 120 minutes contre 10 pour ma nouvelle acquisition. Imaginez ce même rapport temporel pour toutes tâches à faire... Je chante encore les louanges de mon retour d'impôts, c'est peu dire!


  • Toujours sur la planète célibat. Rien à ajouter.


  • Toujours très en demande par les profs de partout. Flatteur. Et, à l'affichage, qui va avoir l'embarras du choix? Bibi! J'écoute déjà les palabres de fond de cuisine sur les postes qui ferment ou qui ouvrent, ou ceux sur les remplacements de bedaines ou de sabbatique, et j'ai franchement hâte de voir tout cela au bingo de juin.


J'aurais voulu conter d'autres anecdotes, mais j'ai perdu le joli papier où je les avais notées. Grrrr. Je vais être plus attentive pour le reste.

24 février 2009

Élémentaire mon cher Watson!

La semaine passée, avec mon groupe de maternelle, j'ai commencé la gravure et l'impression. Le thème: l'île déserte. À la question "qu'amènerais-tu sur une île déserte?", les réponses ont été multiples. Outre les merveilleux Bakugan (ceux-là même qui remplissent les tiroirs à gugusses confisquées des bureaux de profs), j'ai obtenu un chat, une bouée pour nager dans le profond, un petit bateau pour jouer dans l'eau et...

"-Un trésor."

Air d'étonnement de ma part. "Et pourquoi, Suzie Risettes?"

"-Ben, pour l'enterrer." Sourire candide et clin d'oeil de Mamzelle Risettes puis éclats de rire en duo.

Fallait y penser... ils n'arrivent pas là tout seuls non?

09 février 2009

Tutti-frutti 09-02-2008

Full fan freak finie...

C'est à peu près ce que voulait dire le regard que m'a jeté mon père lorsque, très concentrée sur mon jeu Tetris pendant que j'écoutais distraitement Le cercle la semaine passée, j'ai lancé un "NEW KIDS ON THE BLOCK". Je venais toujours d'entendre les mots "Click Click Click" de la bouche du beau Charles. Je n'avais pas vu la lettre vedette aux définitions à ce moment, mais comment aurais-je pu réagir autrement à l'énoncé de ce mot par trois fois répété? J'ai eu la confirmation en levant la tête que je ne m'étais pas trompée; la lettre était N et, puisque le concurrent avait passé sur la définition, j'ai pu réentendre celle-ci. Non, mais, ça fait un petit velours à mon coeur de groupie de voir que, quelque part, il y a une recherchiste qui a pensé à leur fameux retour pour l'inclure dans la banque des N.



Compliment par la bande

Après que j'aie eu expliqué en long et en large mon fonctionnement, mes quatre attentes, mon tableau d'émulation basé sur leur atteinte ainsi que ce que j'appelle la zone individualiste, un élève lance, dans le brouhaha des pupitres et des livres qui sont sortis de ceux-ci: "Ouain, c'est vraiment la meilleure des suppléantes qu'on a eues à date". Et je n'ai pas eu de graves problèmes avec ces élèves. J'adore.


Sacoche ceinture noire

Eh oui... ma merveilleuse sacoche a décidé de me lâcher dans un moment critique. Alors que je mettais la main dedans pour attraper mon portefeuille, j'ai entendu un "TAK!" suivi d'un "patatak!". La sangle d'épaule venait de lâcher, cassant net et volant dans les airs, à la manière d'un élastique qu'on tire et lâche. Et, évidemment, j'ai tout perçu comme dans un ralenti dramatique. N'écoutant que mon courage, j'ai réussi à saisir ma sacoche d'une main tout en attrapant ma sangle, l'empêchant d'éborgner le client suivant. Maintenant, amenez-moi quelques Ninjas que je puisse les trucider, surtout que ma nouvelle sacoche a une forme assez aérodynamique qui pourra les assommer à tous les coups. Je suis prête!

06 février 2009

Petite perle de 3e année

Dans un exercice où la consigne était d'écrire le masculin du nom féminin donné...

J'ai ri de voir la réponse en imaginant ce dont ça aurait l'air dans la minute de la faune et de la flore canayenne.

"Masculin de hirondelle:

- rondelle"

Jolie omission hihi.

31 janvier 2009

Recharger la carte OPUS, ou comment écoeurer un acheteur

Si vous n'aviez pas compris, j'ai besoin de péter ma coche. De faire une montée de lait. De manger du comité de l'innovation technologique pour souper. Bref, je suis en maudit contre le très nouveau, et pas très fiable, système d'obtention de cartes de passage mensuel sur la carte OPUS de la Société de transport de Montréal.

J'ai acquis ma carte OPUS lors d'un échange de titres de transport cet été. J'aime bien le principe de la puce RFID. Il faut quand même faire attention, car des histoires d'horreur du genre titres disparus entre l'achat et la première utilisation sont, sans être monnaie courante, assez fréquents. Jusqu'à présent, sur ce point, je suis très chanceuse. Par contre, à 68,50$, arrêts de services du métro fréquents et horaires d'autobus coupés dans mon coin pour mettre le véhicule libre ainsi obtenu ailleurs pour ramener l'horaire de passage d'une autre ligne déjà très efficace de 10 à 8 minutes (alors que nous passons d'un autobus aux demi-heures à un autobus aux heures pour le seul trajet qui dessert dans l'axe est-ouest un quartier résidentiel), j'aimerais que l'opération achat soit la moins douloureuse possible.

Est-ce que c'est trop demander?

Il semble bien que oui à la STM. Il est très difficile de recharger la carte dans le circuit même du métro.

Évidemment, cet été, les points d'achats n'étaient pas encore nombreux. Il fallait aller dans certaines stations équipées pour ce faire, en attendant que graduellement les autres points de services soient ouverts. Finalement, en septembre, ils en sont arrivés à brancher la distributrice à ma station. On me disait aussi que les points de vente chez les commerçants allaient bientôt être équipés, sans toutefois être capable de me donner des dates. La dernière fois que j'avais demandé à mon point de vente habituel, soit vers la fin octobre, il était toujours en attente du système pour faire le chargement. Je m'étais donc résignée à ne pourvoir acheter mes passages que dans une station de métro lorsque j'y passais. À part deux fois où la machine était hors d'usage à ma station d'entrée (j'ai pu acheter à la sortie), je n'ai pas eu de réels problèmes jusqu'au mois de janvier.

C'est en janvier que j'ai connu les douceurs des ratés de la machinerie. Fin décembre, je suis allée à ma station de métro pour charger ma carte dans la très magnifique et grosse machine orange et bleu située en face de la très magnifique et très vitrée loge du changeur. Habituellement, j'utilisais ma carte de débit. Or, cette journée de décembre, j'ai dû aller retirer de l'argent comptant, et plutôt que faire ensuite une deuxième transaction au métro, j'ai retiré le montant comptant pour mon titre de transport. Ce que je ne savais pas, c'est que, rendue là-bas, le 5 dollars pourtant tout neuf et un 20$ tout neuf aussi n'ont obstinément pas voulu entrer dans le "gobeur d'argent". Celui-ci me les a recrachés invariablement, même après deux, trois, cinq, dix, quinze tentatives.

Puis, pendant que j'essayais de retaper le minuscule pli dans un coin des billets, la transaction s'est annulée. J'ai légèrement paniqué à l'idée que derrière le méga "TRANSACTION ANNULÉE" affiché à l'écran se cachaient MES 40$... jusqu'au moment où kecling keclang kecling keclang... mes 40 beaux dollars ont atterri dans le récipient à reçus et monnaie en... vingt belles pièces de 2$ lâchées "lousses". Mes yeux étaient aussi ronds que chacune des pièces, il va sans dire. Je bouillais de l'intérieur; essayez, avec deux sacs d'épicerie bien pleins, des gants et un porte-monnaie ouvert de ramasser vingt pièces sans en échapper une et en les comptant, puis d'aller avec le tout à la loge située à l'opposé de la position de la grosse machine pourrie. Bouillir comme ça, je pouvais siffler comme un bon vieux "kettle".

Finalement, après 10 tentatives du changeur (pauvre lui, ce n'est pas donné à tout le monde d'être à l'aise avec l'informatique et le gossage dans les menus, alors imaginez quand votre patron vous fout cet outil entre les dents), et un comptage puis recomptage de la monnaie, j'ai eu mon titre sur ma carte. Arrivée chez moi, j'ai appelé à la STM pour comprendre ce qui se passait. Imaginez-vous donc que c'est normal que les billets ne rentrent pas toujours dans le système de "gobage", qui est le même que les machines pour faire de la monnaie. Un peu trop vieux, un pli, tout peut faire en sorte que le billet est rejeté. Quelle est la solution, ai-je demandé. Utiliser la carte débit, quoique là aussi le système peut flancher, Madame, ou aller directement à la loge du changeur... Euh... c'est moi ou la machine devait ALLÉGER la tâche du changeur et rendre l'achat plus efficace? Oui, madame. Ah bon.

Ce mois-ci, je décide que je ne ferai pas de chichi. Je n'ai pas eu à retirer de l'argent, alors j'y vais pour le bon vieux système débit. Petite marche jusqu'à ma station; j'arrive devant la magnifique et gigantesque machine et... un très "Désolé, hors d'usage" est inscrit sur l'écran bleu rappelant douloureusement les "blue screens of death". Ben coudon... on va aller voir la charmante changeuse qui trône dans la loge. En parcourant la distance, un doute m'assaille. Et il se confirme: à la question "avez-vous l'Interac?", 100% de la changeuse interrogée a donné "Non" comme réponse. Sa solution à mon mécontentement? "Bah là, regardez, y a un guichet juste derrière madame"... Ben oui, il est sûr et certain que je vais utiliser un bel ATM qui, pour me donner 80$ (car vive les billets guichets qui n'ont toujours que des billets de 20$), me soutirera de 2$ à 5$ de frais (dont une partie va directement à l'exploitant louant la machine) tout en offrant à ma banque de me retirer un montant presque équivalent pour services rendus.

Est-ce que j'ai envie que mon titre de transport me coûte presque 80$ plus le fait que les 11,50$ de surplus ne seront pas dans mon compte de banque lorsque viendront mes paiements préautorisés? Nah! J'ai donc pris la route de la prochaine station, croisant les doigts pour que la belle et grosse machine y soit fonctionnelle. Elle l'était. Résultat de l'opération: une affaire de 20 minutes de marche plus 5 minutes de transaction aura pris 20 minutes d'attente et de voyage de métro puisque, évidemment, le métro vous passe au nez toujours dans les moments de bouillonnement intense contre leur estifi de système, à l'aller comme au retour.

Arrivée chez moi, j'appelle le service de la carte OPUS. On me dit que pour me plaindre je dois appeler l'autre ligne... qui bien sûr débouche sur un gentil message "Veuillez prendre note que le samedi et dimanche nos bureaux ne sont pas ouverts". Grrrr. Rappel au service OPUS, en omettant le mot plainte. Je leur explique le problème et leur demande pourquoi les loges n'ont pas Interac. L'aimable dame qui a l'air d'en avoir son voyage met dit que c'est parce que les loges n'ont jamais eu d'Interac. Wow, superbe raison, me dis-je en lui disant, effectivement, avant qu'ils n'entrent le système d'opération et les machines qui elles l'ont, je peux comprendre. Mais, maintenant qu'il ne suffit que de relier le fil et le service Interac (au nom de la STM) déjà entrant dans la station la loge, pourquoi ne l'ont-ils pas, surtout que le service de renseignement sur OPUS m'a dit que le débit était la meilleure manière de se procurer la recharge? Elle me fait comme réponse d'appeler le service à la clientèle. Je lui ai dit qu'il était fermé la fin de semaine, ce à quoi elle me dit que je pouvais écrire un commentaire sur le site de la carte OPUS et qu'on m'y répondrait. Cette réponse m'a fait réagir: eeeeuh... et les gens d'Internet du site de renseignement d'OPUS vont, eux, pouvoir me répondre plus qu'ici avec vous au téléphone? Oui. Ah ben... coudon. Vive l'efficacité! Merci, Madame!

Grrrrr...

Il est sûr que j'appelle lundi (si je trouve le temps) pour me plaindre de leur inefficacité. En attendant, il y a de l'espoir pour les mois à venir. Dans un éclair de génie, j'ai rappelé mon point de vente, une belle pharmacie. J'ai alors appris de la bouche d'une jolie (au ton de voix, elle est jeune et jolie bon!) et sympathique caissière qu'ils avaient le système pour recharger les cartes et que le tout se payait non pas sur une des belles machines de la STM, mais bien sur leur sympathique caisse à eux!

Vive les humains aux commandes!!!

Et vive la STM qui achète le méga système de seconde main à gros prix et qui n'obtient même pas un service fiable de celui-ci pour ses clients dans son propre réseau!!!

04 janvier 2009

Mixed feelings

J'aime bien cette expression. J'aime mieux les mixed nuts par contre.

Ça décrit à peu près ce que je ressens présentement. Oui, j'ai hâte de recommencer à travailler. J'ai hâte de me faire aller devant une classe, de revoir des étincelles, de me sentir active et utile, d'enseigner et d'aider les élèves qui en ont besoin. Par contre, cette hâte signifie aussi que je vais refaire le ballet des classes, le manège de la suppléance, le charivari des appels, les montagnes russes administratives, les clowneries des changements de cap des décisions. Ça, ça me tente moins. Et encore, si j'étais sur appel comme 95% des suppléants, ça pourrait être 100 fois pire avec l'incertitude des appels et du salaire. Eux, je sympathise avec eux, ça doit sincèrement faire mal au moral de se faire traiter comme des moins que rien.

C'est sûr que j'ai pris ce contrat en connaissance de cause. En désespoir de cause. En espoir de cause; j'aurais aimé que ça change un peu. Mais non, le varlopage continue, le "bullshitage" continue, la chaise musicale des consignes et des responsables également. Demander des explications, des améliorations ou me plaindre ne mène à rien; je passe pour la chialeuse j'en suis certaine, et ça me bouffe plus d'énergie qu'il y a de résultats. Il ne me reste qu'à me raccrocher à ce qui me reste de ma profession, soit le besoin et la fierté de bien faire mon travail et de faire avancer les enfants même pour un jour ou deux de présence. Il me reste aussi l'appréciation des collègues, des directions d'écoles, les mots gentils des enfants que je rencontre, la joie dans leurs yeux en me voyant revenir (même chez ceux qui se rappellent avoir goûté à ma médecine).

Et il me reste l'écriture, pour ventiler un petit peu ce que je ressens comme ce soir.

Bon retour à tous ceux qui y retournent demain!

26 décembre 2008

Monsieur le maire...

En ces durs temps de récession, je vous félicite.

Z'avez trouvé LA tactique pour pouvoir passer au travers.

On ne pouvait pas imaginer mieux.

Même mes élèves les plus imaginatifs pourront vous prendre comme modèle.

J'ai hâte de voir les prochains oraux ayant pour thème "celui ou celle que j'admire le plus".

C'est peu dire.

Vous m'épatatez vraiment beaucoup.

Chapeau!

Très bientôt, vous allez pouvoir faire des millions en revenus avec ce plan machiavélique et ô combien financièrement gagnant.

Tout comptable vous le dira, mesdames et messieurs: compenser un manque à gagner dû à une perte de revenus majestueusement organisée tout en augmentant sensiblement les redevances reçues de manière à, en plus, engranger un profit supplémentaire, c'est winner.

Y a pas à dire: en organisant un citoyenicide sur les trottoirs glacés, M'sieur Tremblay, vous aurez les raisons idéales d'augmenter les taxes chez les survivants!

11 décembre 2008

Aaaaah... six jours encore...

Six jours encore avant la pause des Fêtes.

En attendant, je continue les suppléances et il me reste encore une journée à m'épater de certains élèves de ma classe (m'épater du meilleur comme du pire, on s'entend).

Dernièrement, dans mes journées de suppléances:

  • Toujours intéressant ou agréable, après 3 ans et demi de suppléance, de faire le tour des écoles et de se faire reconnaître par des anciens de mes longs remplacements, par exemple deux de cette longue suppléance dans l'école du "plusse génial" prof de musique qui se sont retrouvés dans d'autres écoles. Une belle petite (m'enfin, grande maintenant) blonde me saute régulièrement dans les bras dès que je la vois pour ensuite me taquiner pendant que je lui rends la pareille. Et aujourd'hui, j'ai revu cet élève qui... euh... comment dire... m'a laissée pantoise dès le premier jour en s'empesant le bas de pantalon avec du biscuit soleil bien mâché (collation céesssdéaimiesque aux amandes qui était très populaire chez les élèves, car sucrée et assez trans merci). Plus tard dans l'année, c'était le tour de mes réalisations en pâte à sel et gouache de même que celui de ma gommette bleue. Bref... Ça m'a surpris surtout parce que c'est lui qui est venu me demander si j'étais bien celle qu'il pensait. J'aurais plutôt tendance à penser qu'il aurait cherché à se sauver de la pauvre maîtresse de maternelle qui voulait arriver à quelque chose avec lui, mais non. Il a l'air de bien aller...


  • Entendu dans la classe où j'étais aujourd'hui, alors que quatre élèves du troisième cycle s'amusent à regarder une encyclopédie du corps humain tout en faisant des dessins.
    Slackàlunettes: Heille!!! Ya pas de couilles!!!
    Moi: Hey! Vocabulaire!
    Tous me regardant: ???
    Moi: On dit pas ça. Ça s'appelle un castrat et ça chantait de l'opéra!
    J'ai aimé leur air interrogatif alors que j'essayais de leur insuffler un peu de culture.


  • Une élève de ma classe est un vrai phénomène. Appelons-la Marge (vous comprendrez pourquoi en lisant). Je vous jure, Marge est une source intarissable de bogues de l'an 2000 tellement parfois on se demande d'où elle sort ses interventions ou ses réactions. Cette semaine, elle arrive en "pieds de bas" dans la classe, me lançant, de sa voix mielleuse ressemblant étrangement à celle de Marge Simpson enfant (oui, oui, ça se peut): "J'ai pas mes souliers madame Dobby!!!"... Grr... la dernière fois qu'elle nous a fait le coup, ils étaient dans son casier, car elle ne les ramène jamais à la maison. Et, la dernière fois, c'était en fait la troisième fois qu'elle ne les trouvait pas. Madame Dobby prend ses nerfs à deux mains et va voir. Bingo, les souliers sont ENCORE derrière ses bottes dans son casier, impossibles à manquer quand on a cinq ans et qu'on se déshabille assis par terre. Je retourne voir Marge avec un air de vouloir faire d'elle de la chair à pâté et lui dit: "Marge!!! Va voir dans ton casier, ça presse, ils sont là tes souliers, regarde derrière tes bottes". Elle va voir, se traînant les bas dans la gadoue, tranquillement pas vite. J'ai eu le temps de faire une routine de 10 minutes avant qu'une éducatrice du service de garde ne vienne me voir pour me dire que la petite était assise, l'air hallucinée, la bouche ouverte et qu'elle regardait ses souliers sans trop comprendre, deux bottes dans les mains. La dame lui avait demandé si c'était ses souliers, ce à quoi, si j'ai bien compris, elle n'a répondu qu'un grognement. Je repose la question en la secouant vocalement, et je crois que c'est là que le miracle s'est produit. Windows a redémarré, elle me dit oui. Il a quand même fallu attendre que j'interpelle l'application "Ben envoueille, grouille, mets-les pis viens-t-en!" pour qu'elle finisse par déplanter complètement (sans blague, je crois qu'elle avait germé et pris racine, assise comme ça les fesses dans l'eau).


  • Vu en cheminant vers une école: sur un balcon, une scène de la Nativité entourée d'un cordon lumineux et, tout juste à côté, un minichandail décoratif de la Sainte Flanelle. Je crois qu'il y a là quelqu'un qui veut s'épargner un voyage à Sainte-Anne-de-Beaupré!

29 novembre 2008

Petit Papa Noël...

Aaaahh... c'est le temps où je dois faire ma liste de cadeaux pour la donner à mes parents. Je ne suis pas très difficile. Donnez-moi des CD et des DVD. Évidemment, pour ne pas me ramasser avec un CD de Sweet People ou le DVD de Snakes on the Plane, je dois donner quelques titres.

Jess vous le dira: je ne suis pas madame liste. Ce qui fait que j'arrive en novembre et que je me demande quelles sortie CD ou DVD je voulais depuis Noël passé. Mea culpa. Cela fait que je me tape des heures de recherche sur Internet pour trouver de vieux palmares, de vieilles listes de "Kessé qui sort en [insérer un mois]" et quelques recherches par artiste. J'ai donc besoin de votre aide, chers lecteurs, pour rajouter ce qui manque à ma liste.

J'aime écouter pas mal de tout, à part le classique (désolée PMT, j'ai vraiment de la misère, je pense que ça remonte au doux temps de mon enfance où on m'a forcé en travers de la gorge les trois mouvements d'une pièce obligatoire que je détestais). Je le dis sur mon profil: je passe de System of A Down à Isabelle Boulay et Pierre Lapointe, en passant par David Usher, Cesaria Evora, les tounes du lait et Linkin Park.

Voici donc la fameuse liste de CD que je me suis monté.

Linkin Park: Minutes to Midnight (pour remplir ma promesse faite à l'amie qui me l'a gentiment copié, car je n'avais pas les moyens de l'acheter à sa sortie)
Cowboy Fringants: L'expédition
Arianne Moffat: Tous les sens
David Usher: Strange Bird et Wake Up And Say Goodbye
Coldplay: Viva la vida 2CD Deluxe edition
Florence K: La historia de Lola
Josiane Paradis (oouuuuiiiiiiiiiiiiii Choubi!)
Mes Aïeux: La ligne orange
Nickelback: Dark Horse (j'avais décroché des albums après Silver Side Up à la suite de l'écoute d'extraits)
System of A Down: Hypnotize et Mesmerize
Alanis Morissette: Flavors of Entanglement
Zébulon: Retour sur Mars
Isabelle Boulay: De retour à la source

Ma liste contient aussi le coffret du dernier spectacle de Ferland, mais celui-là, je le donne à ma maman... avec le projet de le lui piquer après qu'elle l'ait étrenné!!!

Côté DVD, les titres sont récents et sont des films que je tiens absolument à avoir (HP et l'Ordre du Phoenix et Narnia en Collectors Edition, Coffrets 4 et 5 de Passe-Partout et Wall-E), car pour le reste, je préfère fouiller dans le bac à 5$ de tout bon magasin ou attendre les rabais.

Donc... des suggestions?

24 novembre 2008

Prière de ce soir...

Ptit Zézus...


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Allez-vous-ti finir par l'envoyer la marde blanche que les ptits finissent par redevenir du monde?!?!?

Me semble que 45 centimètres, ça ferait la job!!!

04 novembre 2008

Survivor: The Halloween Version

Comment fait-on, lorsqu'on est suppléante, pour survivre à l'Halloween?

Premièrement, on se croise les doigts et on fait des voeux le 30 au soir. On souhaite que le lendemain on n'aura aucune affectation ou que ce sera un prof d'une classe connue qu'on aura à remplacer. Au moins, au pourra se déguiser et s'amuser avec un plaisir franc avec les élèves sans perdre un iota de crédibilité avec une perruque multicolore lorsque viendra le temps d'en ramener un sur le droit chemin, et si horreur il n'y a rien d'organiser, on trouvera le moyen de moyenner la paix jusqu'à l'après-midi avec des élèves qui sauront qu'il vaut mieux pour eux d'être aussi raisonnables.

Quand on reçoit l'affectation pour le lendemain dans une école où on n'est jamais allée, dans une classe de plus vieux, à la presque dernière minute, on se croise les doigts et on fait des voeux jusqu'au lendemain matin. On souhaite que la prof a une salsifi de bonne raison de s'absenter sinon.... ben pas le temps d'imaginer les points suspensifs, car on essaie surtout de se dire que ça va bien aller. On souhaite que ça va bien aller.

Après s'être convaincu qu'on en a vu d'autres et que ce ne sont pas quelques morveux survoltés au sucre et au maquillage radioactif qui vont avoir raison de nous, on se décroise les doigts et on réfléchit. Quelles activités d'Halloween aimeraient des plus vieux, et qui, surtout, ne demanderaient pas de matériel ou utiliseraient celui normalement disponible en classe? Danse? Concours de costumes pour l'honneur seulement (parce qu'évidemment, pensez-vous vraiment que la suppléante a des bonbons à donner?). On se dit finalement que, de toute façon, on trouvera bien demain comment s'organiser, surtout que le matin on profitera des travaux de la chemise de suppléance pour les occuper. Puis, on trouvera sûrement, chez un collègue gentil, des feuilles sur l'Halloween; on n'en a pas de ça, sauf pour les maternelles nos amies.

Et on se couche là-dessus, toute confiante.

Le lendemain matin, on arrive le plus tôt possible considérant que l'horaire de cette école défie les lois naturelles en commençant une bonne demi-heure plus tôt que les écoles avec des horaires normaux. On arrive avec 20 minutes à tuer, euh à planifier... et on réalise finalement que tout est contre nous. On remplace la suppléante de l'enseignante normale, qui elle-même était absente la veille et qui en plus est la seule à n'avoir rien laissé dans les chemises de suppléance d'urgence pourtant obligatoires à cette école et gérées par le secrétariat. On n'a qu'un horaire général des cours, aucune explication de qui va à la première ou deuxième récré et on apprend sur le bureau même de la gentille secrétaire qu'il y a une surveillance de 10 minutes à faire dans... 5 minutes ( ben oui, donner le NAS et trouver l'inexistante chemise aura pris 5 minutes du précieux vingt minutes.)

Grincements de dents, on court au 3e étage déposer ses choses et on regarde vite les horaires laissés à la suppléante de la veille. Et en regardant celui de la classe, on découvre qu'on a une heure bénie d'éducation physique. Alléluia! On trouve aussi un travail qui n'a pas été fait par la suppléante de la veille. Alléluia encore; avec ça et les présentations d'usage, on devrait réussir à passer l'avant-midi, surtout que dans l'heure de période libre on ira téter la collègue d'à côté pour avoir des feuilles plus amusantes.

Par chance, à son arrivée la classe est correcte. On place les enfants en lecture silencieuse, pour tester le niveau "d'obtempération" et de bruit. Calme... wow! Ensuite, on se présente et on discute avec les élèves. On découvre que la suppléante qui fait les vendredis avait déjà organisé la "journée" avec un comité d'élèves qui savaient que le matin ils travailleraient pour ensuite faire des jeux organisés en après-midi. En plus, une des élèves s'était chargée d'acheter les bonbons pour un concours de costume déjà organisé. On planifie avec eux de laisser tomber le concours de momie en papier de toilette (la suppléante a ses limites...) et on fait ressortir une idée de chaise musicale et de danse.

Avant le cours d'éducation physique, ils sont calmes, font leur travail comme il faut et savent même ce à quoi ils peuvent s'occuper s'ils ont terminé. Ils ont été assez calmes, ont fait ça correctement et ils étaient des anges si on compare avec les fous furieux des classes environnantes.

Ensuite, après avoir tété la fameuse collègue pour des feuilles qu'on ira faire photocopier ensuite, on découvre que le cours ne dure que 30 minutes quand ladite collègue tétée arrive avec nos élèves après être allée mener les siens en gym. Comment on est supposé savoir que, dans une case horaire de 60 minutes, et avec la constatation à l'allée qu'il y a un gymnase et une grande salle communautaire aménagée en gymnase, les deux groupes inscrits à EP ne l'ont pas chacun de leur côté, mais les deux un après l'autre? Fallait pas se fier à l'horaire fait au papier cache sur le tableau, car un troisième cours se déroule et est inscrit après l'anglais la musique et les arts plastiques dans l'horaire d'école tellement pas clair... GRR!!!

Malgrétout, avec les feuilles et la participation des élèves qui savent quoi faire pour s'occuper, on termine la matinée. On va dîner et on réalise que la planification bien rodée tombe à l'eau quand, en lisant sur le tableau les mots "défilé voir dans les pigeonnier", que personne, pas même la secrétaire ou les profs, n'a daigné dire qu'une grosse demi-heure de l'après-midi passerait dans un défilé de tous les élèves pour tous les élèves à la grandeur de l'école. GRRR!!!!

Finalement, après la parade et le concours de costume, on se dit fiou, jusqu'à ce qu'on réalise qu'on a envoyé les élèves à la première récré comme indiqué sur le tableau de travail de la classe, mais que ce n'était pas la bonne. En effet, à peine 2 minutes après qu'on se soit assis pour cogiter avec les 3 membres-élèves du jury, les élèves remontent rapidement et calmement la rejoindre dans la classe parce que ce sont les petits qui sont à cette récré. On aime ça quand c'est clair de même la vie han! Un horaire fait avec des carreaux en papier cache et où sont inscrites des heures, ça devrait être fiable et ne pas porter à interprétation si on le compare avec l'horaire de l'école, non?

C'est sûr que ça a frôlé la catastrophe, et ce n'est même pas à cause des enfants!

Mais le plus important, c'est que la suppléante a survécu.

14 octobre 2008

Dites ouistitiiiiiiii!

Le billet de Grande Dame sur les difficultés d'avoir la photo "parfaite" avec six enfants m'a inspiré un billet sur la perfection que peut atteindre une photo de classe. Il faut dire que j'en connais un bail sur le sujet, après tant de photos avec des classes de maternelles, et que celle de ma présente classe frôle vraiment la perfection.

Donc, chers amis, voici comment vous assurer que votre photo de classe soit parfaite:

  • Assurez-vous d'avoir, quelque part dans la photo, un enfant qui, au moment où le flash fait son oeuvre, tire la langue de manière tout à fait discrète. Cela fera en sorte que le photographe n'y aura vu que du feu et que l'enfant accentuera par la même occasion le fait que ses oreilles bien rondes sont légèrement décollées et qu'un de ses yeux se fiche éperdument de l'autre.


  • Assurez-vous que l'enfant le plus revendicateur du droit au moindre effort, celui qui trouve que la vie est dure pour sa petite personne et qui trouve que même l'effort de revendication est une insulte à celle-ci, soit bien assis sur son banc, manière "potato couch", avec un air de "Ptit Gars Fatigué" du Groupe Sanguin. Accentuez la chose par le fait que son tricot, déboutonné, pend lamentablement en bas de ses deux épaules.


  • Assurez-vous d'avoir au moins deux ou trois sourires-dentiers. Vous savez, ces sourires qui donnent l'impression que la pire conséquence dans notre classe est de manger un quartier de citron entier... et qu'ils viennent justement de finir d'en purger une.


  • Assurez-vous aussi d'avoir un enfant baboune. Un enfant qui semble dire "Vas-tu la prendre ton **** de photo qu'on en finisse, j'ai des poupées à aller finir d'habiller!"


  • Soyez aussi certains de ne pas vérifier que même les enfants qui n'ont rien à cirer d'un "Mets tes mains sur tes genoux et tes pieds à plat en avant de toi" n'ont rien à cirer de répondre adéquatement à cette consigne. Un enfant qui se balance sur son banc, qui a l'air de tomber vers l'arrière ou qui oublie que ses genoux ne sont pas entre le tibia et la cheville donne un bel air de vie à une photo scolaire.


  • Évidemment, quelle photo parfaite le serait sans son traditionnel "Ho non, v'là le flash, vite j'me ferme les yeux!" et sans son traditionnel enfant qui recule se cacher derrière un autre, fort probablement pour les mêmes raisons.


  • Bien que la photo parfaite ne l'exige pas vraiment, tentez d'avoir dans votre photo une histoire qui vous fera vous interroger, vous et votre entourage, pour les quelques années à venir. Par exemple, un "coudon, veux-tu bien me dire pourquoi il a l'air de souffrir la pire douleur de sa vie?" Ça assure la pérennité des souvenirs...


  • Enfin, assurez-vous que tous les autres enfants affichent leurs plus jolis minois et leurs plus francs sourires afin de contrebalancer le tout.


Voilà! Si vous suivez mes conseils et qu'au surplus on vous envoie cette journée-là un photographe pas très organisé et assez fendant pour vous reprocher d'être trop à votre affaire alors que ça fait 10 minutes que vous l'attendez devant un simili-fond de simili mur de brique, vous aurez la plus parfaite des parfaites photos de classe.

La plus parfaite des photos de classe pour la plus imparfaite, mais ô combien plus intéressante et réaliste, classe!

:)

23 septembre 2008

Depuis la fin de semaine, je suis perdue.

Non.

Éperdue.

Perdue dans le regard des cinq beaux mecs qu'il y a sur la pochette de mon album.

Ben quoi, faute de pouvoir aller au spectacle, la madame s'est quand même payé l'album, version deluxe siouplaît! Et elle l'écoute en boucle depuis samedi en tripant comme une malade.

Je suis allée à mon ancienne école, enfin, cette semaine! Ça fait du bien, franchement du bien. Je viendrai en reparler un peu plus... quand je serai repue de musique chaudoudou!

16 septembre 2008

Je pensais avoir tout vu...

... mais non!!!

Ma nouvelle classe m'offre aussi des nouveautés en matière de situation tragico-comique.

Un enfant va carrément s'sseoir dans le lavabo, tellement frustré et affrontant qu'il fait cette bizarrerie. C'est mourrant à voir si on est de l'extérieur, mais vu que j'avais enduré plein d'autres refus de sa part avant, moins mignon de le retirer de là lui et son popotin détrempé! Tout de même je lui accorde un 9 pour son originalité!

La même journée, des enfants se font des peintures de guerre en pleine figure avec la peinture tactile. In-cro-yable. J'avais presque envie, dans le fond, de leur fournir les plumes... Et le pire, c'est qu'entre deux tonnerres et trois froncements de sourcils, j'ai pu admirer la qualité de leur travail en ce qui a trait à la symétrie. Penauds et symétriques... ah là là!!!

Et à la question "comment vous écrivez le nombre 13 les amis?" j'ai eu la mignonne réponse "Avec un crayon". Mignon parce qu'avec un grand sourire sincère, des lulus et des "linettes", on ne peut pas faire autrement que trouver la scène tout simplement craquante. Je crois que faudrait apprendre, des fois, ou réapprendre plutôt, à réfléchir avec la simplicité des enfants. Efficaces ils sont!

Pour le reste de ma semaine, une chance que la suppléance implique pour moi de faire mon boulot d'enseignante. Et que ça implique la reconnaissance de pairs que je ne connaissais pas avant, tout comme les câlins et les bons mots d'élèves qui ne me connaissaient pas encore la veille. Ça va être tout ça qui va me garder le moral, même si l'année va être longue... parce que pour le reste de l'administratif, on peut appeler ça "how to pitcher ze human interest chez le yâble!"

Ils ne m'auront pas...

05 septembre 2008

Tutti-frutti 05-09-08

Des petites nouvelles ou quelques faits et états d'âme...

  • Un ajustement année courante sur un talon de paie, saviez-vous que, même si ça adonnait que ça avait l'air de ça, ce n'est pas logiquement les 10 jours de paie qui manquait dans le montant que la CS nous retient puis nous regarroche joyeusement en juin pour avoir un été potable (payée 40 jours incluant la paye de juin alors qu'il y a 40 jours d'été plus la paie de juin justement!!!)? C'est plutôt l'ajustement du nombre de jours manquants à la période de paie entre son début et le moment où on commence à travailler pour "égaliser" mon salaire annuel de 200 jours. Je viens tout juste de l'apprendre, étant donné que je n'ai pas eu d'ajustement cette année, alors que j'attendais ce moment avec délectation. Ne l'ayant pas eu à cette paie (que je croyais ne pas avoir en plus), j'ai appelé au service des paies. J'ai appris que, puisqu'on a commencé à travailler au premier jour de la période de paie, je n'aurais pas de merveilleux petit montant si bien placé après un été de disette, montant que par pur hasard du calendrier j'obtenais à chaque année depuis minimum 4 ans, soit les années où je commençais avec un contrat. Au yâble le billet de NKOTB, et l'ordi attendra en octobre. Fait ch***. Bon d'accord, je paye mes factures quand même et je ne mange pas de "pouelle" non plus; c'est vrai et ma raison me dit que dans le fond c'est ça qui compte. Mais, fait ch*** mon émotif irrationnel bourré de joie et d'attente.


  • Pas eu de nouvelle de lui; pas de nouvelles provenant de lui en fait. Je l'ai rencontré au travail et j'ai eu de ses nouvelles, mais aucune initiative de téléphone de sa part comme prévu par sa personne. Bon, il a profité de ses vacances, mais... soupir... J'aurais aimé un tantinet d'intérêt, un téléphone juste pour dire qu'il n'avait pas oublié. Un petit quelque chose même amical. En tout cas. Il sait que l'offre à souper tient toujours. Je ne m'acharnerai pas. Ça craint comme disent les Français, et ça rentre (encore) dedans matante Dobby.


  • J'ai eu les nouvelles que j'attendais. Pas de deux jours. Pas de gâterie dans ma semaine. Pas avec mon équipe-école de "mon" école. Niet. Ça s'est encore passé ailleurs que ça aurait dû se passer. J'en ai braillé une "shot". Ça pince encore... je sais que c'est "comme" ça en enseignement, qu'on se fait barouetter d'une école à l'autre, d'un poste à l'autre. J'aurais juste mieux accepté le fait que c'était terminé "naturellement" par un vrai barouettage que par une décision unilatérale du genre qui vient me couper toute occasion de même terminer ça de la "bonne façon". L'administratif et les crocheries (pour ne pas dire crosseries), j'en ai ma claque.


  • Je suis allée au bingo ce soir. Pas celui de ma tante Gertrude, celui des profs. Rien de bon, quelques postes réguliers menant à la permanence en préscolaire 4 ans à faire dans deux écoles (avec trajet entre les deux impossible à faire en transport en commun) ou une tâche de 4 ans dans une seule école que je sais être dans un racoin de préfabriqué avec pas grand-chose comme matériel. Restait un truc tellement loin que je n'en parle même pas parce que pas voyageable en transport en commun. je suis partie finalement avant même que ça ne commence.


  • J'espère que ce sera ma dernière année sur ce projet. Je réalise que "matante" Dobby a fait le tour du jardin. Je sais de quoi je suis capable, je continue à "ramasser" les classes perdues et à combler les autres. Disons que cette année le choix a été plus économique, et avec tout le branle-bas d'émotions autant du côté personnel que professionnel, je me sens un peu démoralisée. J'aime encore enseigner, et c'est, je crois, ce qui me sauve. Malgré tout, je fais ce que j'aime, mais j'ai donc hâte de me retrouver dans mes pénates, surtout que je n'ai plus ces deux jours où je me sentais chez moi. J'aime et j'adore ma nouvelle équipe, ça aide aussi. Ce n'est pas pareil, mais c'est normal, je m'ennuie et je me sens déracinée présentement. Nono comme ça. Pourtant, j'ai déjà été barouettée, je devrais savoir. Mais non, puisque ça n'a pas été vécu sous les mêmes conditions...


  • Par contre, la journée que je fais sera très motivante vu que je la passerai presque toute à faire des arts plastiques, chose que l'enseignante ne fait que très rarement et qu'elle est bien contente de me voir prendre en charge. Et je vais en faire selon le "vrai modèle" de l'exercice de base et de l'exécution. J'ai déjà prévu plein d'activités, le matériel, les déroulements sont dans ma tête. Les enfants ont déjà bien apprécié mon activité de première rencontre: de la peinture tactile pour réaliser une oeuvre commune et passer par le fait même le miracle du mélange des couleurs. J'ai hâte d'expérimenter des journées "artistiques" régulièrement comme ça.


  • Des fois, j'ai honte de faire partie du projet. Pourquoi? Parce qu'admistrativement parlant, il est plus "rentable" de foutre le bordel dans une classe pour faire travailler 3-4 personnes du même projet qui sont inactives (on pourrait mettre la même quitte à la remplacer lors de sa journée fixe, mais je suppose qu'on en veut pas que ce soit toujours les mêmes qui paressent... soupir...), que de mettre un suppléant qui fera l'intermède entre le départ/absence d'un prof et l'arrivée du suppléant finalement trouvé pour faire le reste du temps. Il y a souvent même quelques tissus de mensonges pour expliquer qu'un suppléant libre ne vient pas; une chance que certains sont plus honnêtes, au moins ça rachète l'affaire un tantinet. Assez honteux pareil dans tous les cas. Cette fois-ci, une chance que quelqu'un a pris le poste au bingo de cette semaine. Je ne sais pas si la classe aurait résisté encore longtemps aux ballottages eux qui y ont déjà goûté l'an passé à de multiples reprises. Par chance aussi que dans les 6 jours de début d'année ils m'aient eu pour 3 jours: enfin de la stabilité pour eux!!!


  • Et moi aussi, j'ai été chanceuse. J'ai dû tenir cette classe serrée, leur rentrer dedans un peu, les mettre devant les conséquences de leurs choix. Pourtant, à la période libre aujourd'hui, les filles m'ont fait le plus beau des cadeaux: méga message sur le tableau blanc rempli de "#1" "Meilleure prof" "On t'aime Madame Dobby", de coeurs, de sourires et de couleurs. Ai-je besoin de dire que ça a franchement fait du bien à mon âme "un ptit peu beaucoup" poquée?