21 juillet 2008

Le couperet du 5 ans

J'ai réalisé cette année, mais je n'en avais pas parlé, que j'avais passé le cap fatidique des 5 ans. Ce cap où, selon les statistiques, plusieurs diplômés (je ne me rappelle plus quelle proportion, si quelqu'un s'en rappelle, indiquez-le-moi) abandonnent l'enseignement pour toutes sortes de bonnes raisons. Je peux toutes les imaginer et les comprendre. Ce n'est pas évident enseigner et plusieurs choses peuvent faire en sorte que même des enseignants qui auraient un bel avenir devant eux quittent la profession. Trop de variables, j'en ai vécu assez pour comprendre.

Ce qui, je crois, m'a sauvé, ironiquement, c'est le stage raté. C'est là que je me suis pété (pas totalement par ma faute) la gueule, que j'ai vécu le questionnement sur le choix de ma profession. C'est à cause de cela que je me suis retrouvée à faire de la suppléance et à me faire demander de remplacer 2 mois dans une classe très difficile, encouragée par un support à toute épreuve de l'équipe-école et au final encouragée par mon superviseur de stage lorsque la "gamique" minant mon stage a été découverte. À sortir "vivante", ragaillardie, déterminée et revalorisée par tout cela.

J'ai été chanceuse de vivre ce support et cette confiance à ce moment précis de ma route. Du support, j'en ai eu plus souvent qu'autrement. Par contre, pour avoir vu diverses situations et en avoir vécu quelques-unes, je vois bien que ce n,est pas tous les enseignants qui, dans leur cheminement, au fil des classes, obtiennent les encouragements, le support, le filet de sécurité dont ils ont besoin. C'est dur de se sentir seul, que ce soit pour une journée, une période, un mois, un an. C'est dur de ne pas se faire accueillir, de voir des collègues de niveau ou de cycle tourner le dos à son approche ou se sauver à la moindre question pour aller prendre un café et ne jamais revenir, de se faire dire que les problèmes sont les nôtres et qu'on a tout simplement à s'arranger avec. Dur de ne pas se faire appuyer dans une démarche tout à fait légitime par une direction qui veut sauver les apparences. Et dur de vivre les situations problématiques tout court dans sa classe (je laisse votre imagination déborder, allez) et aux alentours de la classe (certains parents). Dur de se faire traiter presque d'incompétente parce qu'on surnage dans tout ça.

Bref, si un enseignant qui débute, aussi compétent soit-il, se retrouve deux, trois ou quatre fois de suite dans des situations où il crie à l'aide et où on ne daigne même pas lui lancer une bouée (ou que pire on l'achève avec ses propres rames), normal qu'il décroche.

Je suis contente d'avoir passé ce cap "psychologique" dont tout le monde parlait dans notre cohorte, et dont tous les profs "parvenus" parlent en fait. On connaît tous quelqu'un qui a abandonné. Je n'oublierai jamais cette collègue de bac rencontrée par hasard dans le métro, qui s'extasiait que j'enseigne encore alors qu'elle avait plutôt opté pour un travail où elle faisait plutôt de la formation aux pairs. Je suis fière d'être rendue là où je suis dans ma carrière. J'espère que je serai enseignante pour tout le reste de ma carrière. On ne sait jamais, bien que, comme j'en discutais avec un collègue vers la fin de l'année, qui a lui aussi passé ce cap, si on a passé à travers ce à travers quoi on a passé, on est équipés pour veiller tard malgré les avanies.

Je me demande combien de mes collègues de 2002 l'ont passé... Bonne carrière à tous ces autres qui ont passé leurs "5". Bonne vie à tous ceux qui ont changé de cap; soyez heureux et j'espère que vous n'êtes pas amers ou que vous ne gardez pas trop de mauvais souvenirs, et que tout va pour le mieux pour vous.

14 juillet 2008

Les 10 jours passés

Étant donné que je passe mes vacances sur la paille (vive les 4 payes de vacances à étirer en 5 pour éviter de manger de la poussière pendant 2 semaines à la fin août avant le début du contrat), disons que mes loisirs et mes petits bonheurs se doivent d'être gratuits. Exit donc le Super Aqua Club, exit le cinéma à toutes les semaines ou les locations de DVD (surtout que je dois attendre d'avoir le foutu fil HDMI pour brancher mon lecteur à la télé). Exit toute autre chose qui aurait pu me demander un peu d'argent.

Fait suer, mais pas grave.

Donc, j'essaie de profiter des petites choses de la vie gratuite, les prévues comme les imprévues. En voici quelques-unes survenues pendant les derniers dix jours.

Il y a une semaine, j'ai pris un autobus très spécial. Celui d'un futur retraité que ses collègues de travail avaient dû décorer pour l'occasion de sa dernière journée de travail. Il était plein de ballons, de cartes, de guirlandes et d'affiches; une affiche disait même "pas responsable des accidents". Nous avons bien rigolé avec le chauffeur et nous avons quitté l'autobus avec un grand sourire. Faut dire que lorsqu'une affiche à l'avant dit "Futur retraité, klaxonnez", chaque coup de klaxon donne des petites doses de bonheur et de folie. C'est vraiment génial de voir que des collègues se mettent à ce point à l'oeuvre pour monter une belle surprise pour quelqu'un qu'ils doivent évidemment apprécier.

La journée d'avant, j'étais allée voir le spectacle des Lost Fingers au Festival de jazz. Quelle belle énergie ces gars-là dégagent! Ils relèvent le défi de revamper et retravailler les succès des années 80 avec brio. Tout le monde était debout, tout le monde swignait (enfin, de notre mieux étant donné que la salle était pleine à craquer) et chantait. Les gars avaient le feu dans les yeux; je crois qu'ils étaient dépassés par la foule qui venait les voir et par l'impact qu'ils avaient. Ce qui est sûr, c'est que cet album se retrouve sur ma liste à acheter.

Ce matin, je me suis fait attaquer par une vieille peau à coup de canne. Oui oui!!! Une vieille acariâtre qui, alors que je m'apprêtais à monter dans l'autobus, puisque les gens avaient fini de débarquer depuis quelques secondes, a décidé de descendre. Alors, polie, je redescends et je recule d'une très bonne distance de la porte. Mais voilà que la dame commence à m'agiter la canne devant les jambes, la tenant à bout de bras, presque en train de tomber en bas de l'unique marche de l'autobus. Et là, pendant que je pense qu'elle a besoin d'aide, elle se met à maugréer et à pester, en anglais, comme quoi j'étais une ci et une ça et que j'aurais bien pu me tasser sur le côté pour la laisser passer. Elle descend et, tout en se tenant à la porte d'autobus, essaie de me remettre un coup de canne. Ça a été plus fort que moi, devant une telle attitude, j'ai lancé un "hey lady, be polite, you had enough room!". Non, mais! Attends voir si ta canne me repasse encore sous le nez!

Je suis allée voir le film Wall-E en fin de semaine avec mon père. Le nombre de niveaux de messages dans une animation aussi bien réussie est hallucinant. Le plaisir et les blagues sont aussi au rendez-vous. En plus, les minimalement geek comme moi voient plein de références. Même le générique de fin est amusant à voir. Par contre, j'aurais voulu avoir un "après-générique" comme le laissait espérer la dernière trame sonore. Il faut aussi noter l'excellent court-métrage d'animation Presto; déjà, juste les péripéties imaginées à partir de la trame de base sont hilarantes. Ajoutez à ça un superbe travail d'animation et de dessin et vous avez une petite merveille entre les mains. Le tout a fait du bien au moral.

Dans les prochains jours, je compte aller profiter du volet rue du Festival Juste pour rire. Aller voir les spectacles et les animations, aller jouer dans les tentes de jeux, aller à la petite cantine dans un wagon de métro sur Ontario. J'ai hâte de profiter de la folie de ce monde`-là. Ensuite, ce seront les Francofolies, et je compte bien voir les B.B., Zébulon, Gregory Charles ainsi que quelques spectacles de 17h aussi avec des artistes de la relève.

Après cela, mes parents sont en vacances, on trouvera bien quelques choses à faire d'ici la rentrée scolaire, qui elle, me turlupine encore...

04 juillet 2008

L'extase du jam

Mercredi, j'ai visité le Festival de jazz. J'ai décidé que j'allais profiter des ateliers du Salon des instruments de musique de Montréal et que j'allais participer au spectacle Grand Jam avec l'école de percussions Samajam. J'ai adoré ma journée. Je suis revenue chez moi complètement repue de rythme.

Tout a commencé avec l'atelier "Apprenez la guitare en une heure". Bon, je vais être honnête. J'ai acheté une guitare il y a un an et demi. J'ai tenté, il y a un an et demi, d'apprendre avec un livre. L'expérience n'a pas été un succès, faute de technique et faute de résultats malgré les efforts. La démotivation qui s'ensuivit aidant, mon côté autodidacte en a mangé un sérieux coup et je n'y ai plus retouché. Plus le temps a passé, plus j'avais honte de ne pas m'y remettre. En voyant l'atelier annoncé, je me suis dit: "Dobby, là c'est le temps de te mettre le pied au cul, de faire un crash course et ensuite, de t'y remettre!" Et... bien c'est un succès! J'ai appris seulement 3 accords, mais ceux-ci étaient accompagnés d'un autre à apprendre moi-même, des déplacements entre eux, de la technique pour tenir et gratter la guitare ainsi que d'une superbe feuille où sont notées toutes les chansons que je peux faire avec seulement ces quatre accords-là. Maintenant, je suis pleine de motivation pour continuer les accords et pour devenir la reine des feux de camp en enlignant J'entends frapper, Femme de société, La bamba, Horse with no name, Twist and Shout, Remède miracle ainsi que Mon voisin (Frère à ch'val). Call me Carlos Santana!

Après avoir dîné au soleil sur les marches de l'esplanade de la Plade-des-Arts, je suis retournée à la tente du SIMM pour un atelier Djembé Jam. ENFIN, j'allais tambouriner sur autre chose que les grosses bouteilles d'eau. Pendant une heure, j'ai jammé sur le ^djembé à m'en péter presque les jointures. Le "trip" a été total. J'ai vibré à entendre tous les djembés (il y en avait presque 60) se mettre au même rythme à certains moments, à écouter les sons bas des tempos (frappés au milieu avec la main en coupe) ainsi que les martèlements des rythmes autour. L'extase était totale, et la relaxation aussi; j'en étais rendue à me balancer tout en tambourinant. Je comprends les gens qui parlent des tam-tam du Mont-Royal, à part que je ne comprends pas que certains aient besoin de substance illicite pour "partir". Le rythme me suffit amplement!

Après une courte visite sur le site, retour à la tente pour un atelier de trompette. Malheureusement, celui-ci a été moins fructueux, étant donné que, comme d'habitude, j'ai frappé le citron; une trompette dont un piston faisait mal passer l'air ou je ne sais pas trop. Je sonnais toujours un ton plus bas que tout le monde, et le ré bloquait complètement et me renvoyait l'air que j'essayais de pousser. Par contre, j,ai quand même eu du plaisir à suivre l'atelier grâce au dynamisme de l'animateur. Bouffon, rigolo, il savait nous mettre à l'aise et nous faire aimer l'instrument.

Enfin, l'heure que j,attendais est arrivée. Je suis allée me placer pas très loin de l'enclos" près de la scène GM, là où étaient les djembés... 175 djembés pour pouvoir jouer en accord avec le spectacle qui allait avoir lieu. Plus ça allait, plus les gens, intrigués, s'agglutinaient autour de l'entrée pour pouvoir y accéder. Lorsque le signal a été donné, j'ai pu entrer, me prendre une petite percussion gratuite en passant (un coco), me placer à un djembé et commencer à jouer. Ça a été magique; tous les gens qui se plaçaient à un djembé commençaient à jouer, naturellement et sans gêne, et suivaient le rythme des plus habitués. Si j'avais tripé lors de l'atelier, imaginez comment j'étais avec 174 autres personnes autour de moi en train de jouer. Pendant 15 minutes, les organisateurs nous ont laissé jouer venant sur la scène, les yeux ronds, les photographes nous bombardaient de leurs flashs, les percussionnistes professionnels aussi. Ensuite, ça a été le spectacle des percussions brésiliennes, puis Samajam, avec nous en train de jouer aussi. Finalement, le tout s'est terminé sur une orchestration avec les autres gens de la foule environnante, qui avaient eu, eux, des maracas, castagnettes, tambourins et cocos.

Après le spectacle, j'étais dans les vapeurs, un peu déroutée, imprégnée de toutes les vibrations qu'il y avait eu.

Je recommence l'expérience n'importe quand.

Mais pas tout de suite...

J'ai les dessous de jointures irrités et presque mauves tellement j,ai tambouriné...

Ouch!

26 juin 2008

C'est les vacances...

Enfin, les vacances. Méritées.

Ma petite vie a été chamboulée dernièrement. Des choses plus importantes que d'autres, mais au final, le petit s'additionne au moyen et au gros et ça donne plein de choses auxquelles s'adapter et plein de petites, moyennes, grandes choses à faire.

Première chose: le nouvel appartement. Vive la liberté, l'autonomie; par contre, ça demande de faire tout soi-même (sans commentaires Jess :P). C'est une routine à acquérir et du temps à prendre pour le ménage, le rangement, la vaisselle, alouette! En écrivant, je souris toute seule, car dans le fond, j'adore ça et je m'amuse (pour l'instant, ah la bulle de la nouveauté!). Et qui dit nouvel appart dit aussi nouvelles factures, et avec le montant "forfaitaire " (lire les ponctions réalisées en cours d'année sur mon salaire pour me le redonner en fin d'année), je dois faire 5 périodes de paie avec les 4 ainsi payées (car le montant de la 5e n'est versé qu'en septembre). Pas de folies à faire, mais tant que j'arrive tout va pour le mieux. Je passe mon temps à planifier les dépenses, et vive Bébelles qui me fait payer des trucs que j'ai décommandé "car on vous les créditera seulement sur le prochain compte" et qui fait foirer momentanément ma belle planification (je n'aime pas du tout la couleur rouge des colonnes de ton logiciel Jess!!!)!

Deuxième chose: la fin d'année qui arrivait à grands pas. J'avais à faire mille et une petites choses de mon bord: bulletins à signer. à compléter, à photocopier, et à donner, cadeaux à préparer (car fait main), surprise à cuisiner pour mes ti-poux de maternelle, ménage de la classe avec les élèves, ramasser et retourner à la maison tous leurs effets, etc. Tout ça en tenant compte de toutes les activités spéciales et sorties prévues. Ça et du jogging, c'est du pareil au même. en trois jours, j'ai réussi à faire entrer tout ça avec les derniers travaux à terminer, le portfolio à compléter avec ces derniers, une collation spéciale, le dernier dessin dans le bulletin, une sortie (annulée par la pluie et remplacée par le gym) pour aller au parc avec nos parrains du 3e cycle, un spectacle et la fête de fin d'année. tout ça en recevant des fleurs, des cadeaux et en essayant d'avoir un peu de la routine habituelle. OUF! La terrasse du vendredi a été bien méritée!

Troisième chose: la cruise. Lui, il a déclenché en moi plein de choses, l'envie d'aller plus loin et d'aller vers lui. Je n'ai jamais été du genre à aller de l'avant avec un gars, c'est tellement nouveau que je me surprends moi-même, moi la fille qui ne prend jamais de risques et qui se dit généralement "s'il est intéressé, il fera quelque chose, et si non...". Je ne sais toujours pas où ça mènera (bien que j'espère plus que de l'amitié, il me "touche" beaucoup, profond et que les mots "he's The One" viennent dans ma tête avec une certitude déboussolante), mais prendre le temps de "manigancer" des occasions de le voir, ça aussi ça occupe!

Quatrième chose: qui dit fin d'année dit grand rangement pour le grand ménage, (trois pédagogiques pour tout remettre dans les cagibis, pour tout débrancher, tout déplacer, etc.) réunions et repas entre collègues. Des repas, j'en ai eu deux, dont un avec l'école où j'avais un jour, et l'autre avec mes collègues de depuis trois ans...

Ce qui m'amène à la cinquième chose. La plus déstabilisante. Cette année, malheureusement, le contrat que j'avais depuis 3 ans n'a pas été affiché avec un complément comme par le passé. Pour des raisons administrativement plates et pas très humaines de la commission scolaire (enfin de notre région administrative). tout a été fait pour régler la situation, mais rien n'a suffi. Je me suis donc enligné pour magasiner les postes. J'avais des idées de postes de remplacements à cinq jours pour l'année. Il y avait peu de postes partiels à 100% de tâche pour l'année, et signe du destin ils ont été pris avant moi ou avaient été donnés aux nombreux surplus. Donc, lorsque ça a été mon tour au bingo, j'ai pris un autre contrat du même genre que celui que j'avais, mais à cette autre école où j'allais cette année. Malgré les mésaventures, pour le plaisir et la fierté que "remplacer" m'apporte, pour la possibilité de revoir mes collègues des trois années passées, pour les membres de l'équipe-école de cette deuxième école qui sont des plus heureux de me voir (et moi aussi je suis contente d'être avec eux), et pour la sécurité financière plate et bête qu'il apporte. Sauf que la sécurité par plaisir, c'est cent fois meilleur au goût!

Je quitte donc d'une manière qui n'est pas la mienne, éjectée par la bande par une décision numérotée. Je devrais être habituée, nous sommes toujours barouettés. Mais cette fois-ci, ça me fait vraiment quelque chose, un gros quelque chose. J'ai pété au frette aujourd'hui, j'ai réalisé que ça m'affectait plus que je ne pensais, bien que ça hantait mes pensées depuis les deux dernières semaines. Ce n'était pas ma décision, surtout qu'après ma montée de lait, dans le fond, je ne voulais juste pas quitter ce poste seulement à cause des nombreux imbroglios vécus, je voulais rester pour le travail que j'y fais. Je désire toujours ma classe à moi, mais sachant que c'était la dernière année de congé de ma collègue, je voulais continuer, continuer cette équipe que nous formions elle et moi. Nous avons tellement une belle énergie ensemble, depuis trois ans les événements et mes décisions faisaient en sorte que je pouvais continuer cette belle aventure. Crève-coeur pour nous deux de voir que ça nous échappe des mains royalement cette fois-ci. Les larmes sont venues aujourd'hui. Je ne voulais donc pas!

Je n'ose même pas m'agripper à ce maigre espoir qu'il existe, ni même en parler, car cette année disons que mes espoirs ont souvent été déçus. Trop de facteurs impossibles à calculer.

...

C'était mon dernier dîner.

04 juin 2008

Malheur, désagréments et petits bonheurs...

Malheur et désagréments:

La justice n'existe pas, sauf pour ceux qui ont les moyens de se la payer... et puisque je ne fais pas partie de ceux-là...
Frotter sans relâche de vieilles chaises pour en enlever tout le Pledge et la crasse accumulée qui roule et roule encore...
Attendre des heures et des heures, plusiseurs jours de suite, pour m'obstiner des heures et des heures avec Bébelles qui ne peut pas connecter une simple ligne comme il faut sans problèmes et sans faire des erreurs dans le dossier (erreurs toutes causées par le nombre innombrables de préposés contactés pour chacun des problèmes précédents celui pour lequel j'appelle et appelle encore...).
Pas trop savoir quand Bébelles pourra me donner ma connexion Internet parce que, à force de devoir travailler fort à m'obstiner autant, faut me mettre en forme pour endurer un nouveau duel avec la filière Internet de ladite compagnie... car le préposé avec qui je viens de m'obstiner me lance un joyeux "Je ne peux pas m'en occuper, faut que je vous transfère au bon département..."
Compter le nombre de désistements et le nombre de postes disponibles et réaliser que la différence entre les deux laisse plusieurs personnes sans poste, et me dire que je n'aurai pas rien de permanent pour sûr.


Bonheurs:

Le voir et revoir encore, et pas juste au boulot.
"T'es belle Madame Dobby."
Les gros calins.
Passer le reste de l'année (pour ce qu'il en reste) dans mon école.
Faire ma première épicerie.
Voir mes ti-poux faire une dictée (oui oui, une vraie de vraie!!!) et constater que la majorité dépasse largement mes attentes (avec plusieurs surprises).
Savoir que dans quelques jours je passerai ma première nuit dans mon appart.
Me retrouver en gang et faire une activité des plus enivrantes juste pour aider.
Me dire que tout es possible, peut-être, avec lui, tout en n'espérant pas trop par peur d'être déçue, mais quand même surfer sur cette vague de bien-être.

Tout ça pour dire que d'ici la fin de semaine, je ne viendrai toujours pas plus souvent que depuis mon dernier message, car je serai très occupée et surtout très déconnectée!

À la prochaine!

17 mai 2008

Des arguments de poids (ajout)

Je suis une femme qu'on peut qualifier de ronde... très ronde, bien enrobée, très en chair. Une belle ronde bien en forme (autant dans le sens découpée que dans le sens santé). Je suis très à l'aise avec mon corps et bien dans ma peau.

Avec le temps j'ai vite appris à en rire, à faire des blagues, des jeux de mots ou des allusions plus ou moins évidentes sur ma grosseur. Trois réactions s'offrent à moi. Il y a ceux qui se mortifient à ma place ("Hoooooon ben là tu ne devrais pas dire ça de toi, voyons donc, ne te rabaisse pas!!!"), ceux qui deviennent tout simplement mal à l'aise et ceux qui voient le côté dédramatisé et humoristique de la chose. Aux deux premiers je réponds que je ne me rabaisse pas bien au contraire, que je me tiens bien droite et que je ris de moi-même avec moi-même non pas pour me taper dessus, mais plutôt pour montrer aux gens que je suis bien dans ma peau.

Je me sers de cette approche aussi en classe. Les élèves le voient très bien que je suis ronde, que je suis très ronde et savent bien qu'il serait suicidaire de me faire une allusion déplacée. Je me sers de l'ambiguïté créée pour passer plusieurs messages. Par exemple, j'utilise souvent le "Youhou mon coco!!! Tu fais beaucoup de bruit en montant les escaliers! Écoute, c'est moi la plus pesante des deux et je ne fais aucun bruit avec mes pieds!!!". Généralement les élèves me regardent candidement, sachant bien de quoi je parle, bien qu'il sache aussi qu'il ne peut pas me retourner la blague. Sinon, quelques-uns parmi les plus petits associent "pesant" à "oui, tu es plus grande et moi je suis petit".

Avec les plus vieux du 3e cycle, dernièrement, j'ai lancé (en fait, testé) en guise de réponse au classique "j'ai rien fait!!!!" un "Heille, prends-moi pour une nouille si tu veux, mais pas pour une grosse nouille épaisse!!!". Ça a eu l'effet escompté : l'élève n'a pas pu trouver de réplique, ne sachant pas si je venais de lui donner l'improbable autorisation de me traiter de nouille ou si je venais de lui interdire de me traiter de grosse. Les autres ont ri de le voir essayer d'allumer et de me dire quelque chose d'intelligent.

Finalement, il y a une réplique que j'utilise régulièrement, pour tous les âges et qui est un de mes classiques. Lorsque j'ai un élève qui se lève pour rien, qui achale les autres ou qui ne se tient vraiment pas tranquille (au-delà des gigoteux sur leur chaise), j'interviens avec des rappels, des avertissements puis des conséquences. Or, la première conséquence que j'utilise se veut humoristique, mais sur un ton et un air très sérieux qui indique que le prochain coup, il arrivera vraiment quelque chose.

"Si tu continues comme ça, je m'assois sur toi... tu vas voir que, là, tu vas te tenir tranquille"...

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai la paix pendant quelques minutes...

AJOUT: Je tiens à ajouter un autre classique auquel je viens de penser, celui que j'adresse aux élèves qui s'assoient au bout de leur chaise ainsi qu'à bout de bras de leur pupitre. "Non, mais, c'est lequel de nous deux qui prend le plus de place dans la vie, lequel qui a le plus (gros postérieur, gros derrière, gros popotin ou de fesses, c'est selon l'âge...)? C'est drôle, mais si je m'assois à ta place, je vais prendre deux fois moins de place que toi maintenant." Devinez le résultat? :)

01 mai 2008

Bon coup, sourire et serrements de dents

Comment s'arranger pour que Blaise déguste sans rechigner le chocolat de notre dégustation de chocolats-moins-sucrés-et-bons-pour-la-santé,-mais-ô-combien-plaisants-pareil-à-manger-et-mieux-à-choisir? Dire au groupe qu'ils sont tous obligés de goûter aux chocolats et ajouter, au moment même où il veut s'objecter (sa bouche prend automatiquement une forme de M pour commencer à dire "moi, je..."), que tous ceux qui n'auront pas pris une mordée dans leur morceau pour goûter, même s'ils ont droit de ne pas aimer, n'auront pas le droit à un morceau du meilleur chocolat au lait. Le sourire qu'il m'a fait avec un air de "OK j'abdique tu m'as encore eu...". Après, il m'a par contre donné le change en me disant que "moi j'aime ça le 75%" alors que d'autres ont fait la grimace. Ptit Verrat va, tu pouvais bien vouloir manger ton pain sec pour ne pas prendre le beurre que tu avais baratté, au cas où ça n'aurait pas été bon!!!

Présentement, dans ma classe de maternelle, il y a beaucoup de compétition. Plusieurs élèves font beaucoup d'efforts pour arriver à être premiers. Premiers à quoi? À lire et décoder les messages et les mots qui les entourent. Deux des plus gros compétiteurs sont Sara (qui finalement n'a tout simplement pas de soeur sauf une soeur imaginaire!) et mon cher Danny (nom fictif, mais il va bien à ce petit Asiatique hyper bollé et allumé). Tous les deux sont les piliers de la course; ils décodent tous les sons et mots de mes messages quotidiens, essaient d'écrire au son, cherchent des livres faciles à lire à la bibliothèque et aident les autres. Ma collègue et moi n'avons pas fait d'enseignement systématique, seulement de l'éveil au "nom" et aux "voix" des lettres grâce à la méthode "Raconte-moi l'alphabet" et à la lecture et aux mots grâce aux messages quotidiens. C'est ce que j'aime à la maternelle: voir chacun développer ses habiletés et évoluer.

Serrement de dents et serrement de coeur. J'ai pris une décision qui m'arrache un peu beaucoup le coeur. Pour le prochain affichage, je jonglais avec l'idée, s'il n'y a plus à ma position de postes temps plein ou partiel, de reprendre le même poste de suppléante que cette année et que les années passées. Or, les problèmes de placement ont recommencé, les explications sont toujours aussi boiteuses et je suis réellement écoeurée que la fonction de suppléante occasionnelle ne soit perçue que comme une fonction de bouche-trou à rentabiliser. Ce n'est donc qu'en dernier recours, en tout dernier recours, si et seulement si plus rien d'intéressant n'est disponible même à 1h de voyagement de chez moi, que je reprendrais le genre de poste que j'ai présentement. Un contrat comme le mien a toujours existé dans le but d'assurer et de favoriser la sacro-sainte stabilité aux élèves (et aussi au personnel, nous aussi sommes des humains), mais on ne juge pas (ou on ne veut plus avec la pénurie de suppléants, qui sont tout aussi écoeurés que moi) que ce soit nécessaire. Toutes ces années, je l'ai pris pour la presque stabilité que ça offrait à tout le monde, pour le milieu et les élèves/collègues que je connais et adore et surtout pour cette collègue que j'adore plus que tout. Pour tout ça, ça me serre le coeur, mais j'ai aussi peur vu que je me remets intentionnellement en situation précaire...

19 avril 2008

Dessine-moi... une fleur!

Je me rappelle maintenant pourquoi je n'aimais pas, en stage, devoir faire mon journal professionnel. Je trouvais frustrant de ne pas toujours y avoir quelque chose à dire ou l'énergie de penser à quelque chose à dire.

C'est précisément le sentiment qui m'habite depuis quelque temps. Entre les évaluations et les bulletins d'une classe, les bulletins descriptifs de ma classe, mes boîtes à faire, mon déménageur à trouver (avec un piano et seulement quelques meubles, faut que je cherche beau, bon, pas cher et assuré), le grand ménage, ma vie et mes petits bonheurs de le voir (en attendant le moment fatidique où je n'aurai d'autre choix que de lui dire qu'il m'est rentré dans le coeur faute de regretter de ne l'avoir pas fait au risque de perdre sa compagnie), je n'ai juste pas de sujet ou pas l'envie faute de temps pour moi.

Sauf que, maintenant que je m'y mets entre deux secondes libres, j'ai envie d'écrire sur ce bon coup vécu cette semaine. L'équipe-école d'une de mes classes a créé, pour les besoins de nos élèves plus ou moins motivés, un projet de décloisonnement des plus motivants autant pour eux que pour moi; les forts, les moyens et les faibles sont divisés entre les profs et l'orthopédagogue. Lorsque je suis présente, nous travaillons l'écriture. Je m'occupe d'une quinzaine d'élèves moyens et je travaille des techniques d'écriture. Très expérimental; on n'a que le "travail" en main, et à nous de trouver plus ou moins sur le coup les méthodes à utiliser. J'adore improviser mon enseignement, alors je suis servie. Et ça fonctionne. Je n'ai jamais vu autant de participation dans une courte heure, surtout en enseignant les moyens d'améliorer une phrase (lire ici les élèves découvrent les différents moyens que certains utilisent sans le savoir).

Le bon coup, c'est comment j'ai illustré l'amélioration en ajoutant des mots de qualité (adjectifs) ou des précisions (compléments) à un nom dans la phrase. J'étais assez fière de ce que mes neurones avaient trouvé pour leur faire comprendre. J'ai pris une phrase bien simple.

"J'aime les fleurs."

J'ai dessiné une fleur ressemblant à ceci:



Puis, j'ai demandé aux élèves d'améliorer ma phrase en rajoutant des mots pour la fleur. Une des élèves a trouvé "J'aime les fleurs roses." J'ai donc dessiné à côté de ma première fleur ceci:



Sous les acclamations ("Wow, c'est beau!!!"), j'ai demandé de continuer à améliorer ma phrase. À ce moment, j'ai 15 mains levées avec des yeux allumés, car ils viennent de saisir. Même Allo Lalune semble avoir compris. Et son équivalent de l'autre classe, content que je donne la parole à sa main frénétiquement levée, me lance un "J'aime les fleurs roses avec des tiges vertes". Et je leur dessine ceci:



C'est ensuite que nous avons pu terminer la période en passant d'un "J'ai peur des vampires" à un "Je suis effrayé par les vampires dégoulinant de sang qui sortent dans les rues la nuit." "Pas pire, pas pire, pas pire!" comme dirait ce cher Ron!

02 avril 2008

L'art de se détripler

Je suis toujours là.

Seulement, pour quelques temps, je dois me "détripler": préparer mes deux classes et aider à tenir/organiser/faire avancer une autre à plus ou moins long terme (reste à voir ce qui va se passer dans les prochaines semaines). Je cours un peu beaucoup, pas envie ou la tête à rédiger un billet digne de ce nom.

Faut aussi compter les efforts que je mets à penser et à travailler sur mon cas "mec". Stidée de tomber amoureuse quand faut se détripler. Bah, prenons le bon côté des choses; je le vois plus souvent! Faut juste que j'arrange mes flûtes pour pouvoir passer le dîner avec lui... ah là là!

Dans le fond, j'aime bien être une queue de veau ;).

22 mars 2008

En cette Pâques...

Tout d'abord, laissez-moi vous souhaiter de Joyeuses Pâques.

Ensuite, laissez-moi faire un aveu. Un aveu qui a un certain rapport avec l'enseignement, avec un débat qui a connu son dénouement avec un changement à la constitution canadienne (ne me demandez pas quelle année, je ne me rappelle plus laquelle surtout que mes cours sur la Loi de l'instruction publique sont loin).

Pas un gros aveu, mais quand même. Généralement, lorsque je le dis, soit je vois un sourcil se lever de surprise, soit la curiosité se fait sentir, soit le désintéressement à ce sujet est palpable et la conversation prend vite un nouveau tournant.

Je suis croyante. Catholique croyante. Plus ou moins pratiquante côté "bâtiment" et institution (j'ai beaucoup de difficulté avec certaines contradictions de l'organisation si on peut dire), mais j'essaie de l'être dans ma vie et dans ma communauté. Disons qu'il y a des gens qui me surpassent de beaucoup côté connaissances, réflexion, intériorisation et côté foi. Je suis plutôt du genre pratique dans la vie courante. Je crois en Dieu, je crois en Jésus, je crois aux messages légués et à tout le tralala, tout en restant avec mon esprit d'analyse (faut pas croire mot à mot, autrement dit). J'essaie de ne pas juger, j'essaie de voir le bon, j'essaie de comprendre le message humain caché derrière le message catholique, de me faire ma propre idée, de profiter de la réflexion des autres pour relancer la mienne, de partager le tout avec d'autres, etc.

J'ai été une des premières à me désoler der voir la religion quitter le programme scolaire. J'étais triste entre autres parce que je voulais pouvoir partager ma foi avec les élèves qui y étaient inscrits. Depuis, j'ai bien vu le désengagement de la majorité de ces élèves que j'aurais pu avoir. En effet, j'ai dorénavant l'occasion de mettre mon côté "pratique" et réel en étant catéchète pour une paroisse, dans une église. Ce n'est plus la catéchèse bébête de mon temps ou de certains manuels, on va plus loin intérieurement ou dans l'explication des écrits, et ça me plaît.

Et, comme je disais, je vois qu'il y a un gros désengagement et peu de croyants. Je ne pensais pas que les groupes d'enseignement religieux étaient remplis de croyants, remarquez, mais je ne pensais pas que c'était le contraire à ce point. S'il y a 30 enfants dans une année de parcours catéchitique d'une paroisse couvrant 3 ou 4 écoles, c'est beau; et encore là, ces enfants sont de 2 ou 3 niveaux scolaires différents. Donc, par rapport au nombre qu'il y avait dans chaque classe de toutes ces écoles pour un niveau catéchitique donné, c'est bien peu.

Pourquoi si peu d'enfants s'engagent dans le parcours catéchitique? Probablement parce que ce n'est plus offert par défaut, ce qui fait que plusieurs parents qui avaient fait baptiser "au cas où", mais qui dans le fond n'y croient plus depuis belle lurette, n'ont pas envie de faire des démarches plus avant pour faire avancer leur enfant dans la foi qu'ils lui ont donnée. Je n'ai rien contre, là; c'est un choix, il n'y a rien à juger, et si l'enfant veut plus tard affirmer cette foi, il sera capable de le faire par lui-même. En fait, ça me fait réaliser le caractère plus personnel de la démarche, le caractère plus engageant et forçant de la chose, caractères que je voyais plus ou moins lorsque celle-ci faisait partie du cheminement scolaire. Et je me dis que, dans le fond, ce n'est pas une mauvaise chose la laïcisation (enfin, si un jour les écoles finissent par vraiment devenir laïques et qu'elles sortent vraiment et absolument tout ce qui est religieux, mais c'est un autre débat). Dans le fond, ces 30 enfants sont juste plus allumés, plus réflexifs, plus éveillés, plus engagés et impliqués personnellement dans cette réflexion et démarche dans laquelle ils veulent être.

Pourquoi je suis en train d'écrire tout cela? Tout simplement parce que je réalise, depuis le début de l'année, que ma foi a changé, s'est définie de plus en plus grâce à la réflexion vers laquelle m'amènent les formations que je dois suivre, grâce à la réflexion des enfants que j'accompagne, grâce aux activités paroissiales auxquelles je participe ainsi que grâce aux rencontres humaines (merci M. et R.) que je fais depuis septembre. Et, avec tout ça, je crois que j'en suis rendue à avoir envie de dire sur mon blogue que je suis une enseignante croyante, catholique, qui ne se gênera pas pour le dire et pour l'utiliser pour avancer dans sa vie autant professionnelle que personnelle. C'est une affaire personnelle, certes, mais, on le sait tous, nous, les enseignants, nous avons la qualité d'être ce que nous sommes tout en étant enseignants, et d'être indissociables de ce que nous sommes et vivons en tant que personnes en enseignant.

Bref, j'ai acquis ce quelque chose qui fait que je crois même dans les coups durs et que j'y perçois mieux tous les petits symboles et les petites joies de la vie qui me ramènent encore et encore à ma foi et l'alimentent. J'ai un bouillonnement intérieur constant depuis, j'ai un je-ne-sais-encore-quoi d'ajouté, mais qui me fais de plus en plus croire en l'Église humaine, qui me fait de plus en plus croire en moi, en l'humain, en la vie, en Dieu. Ça me donne plus de valeurs à utiliser, si on veut, plus d'espoir, plus de... je ne sais pas quoi en fait, mais de meilleur. Je ne sais pas si vous me comprenez; même moi, je ne suis plus sûre de me comprendre en relisant. Mais ce que je sais, c'est que je veux en faire profiter tout le monde, à ma manière, sans vexer personne, sans forcer personne non plus, juste en étant meilleure.

Voilà, c'est tout.

Merci de votre écoute ;).

17 mars 2008

Tannée!

Je suis tannée d'être inactive à cause de la situation des toits à la CSDM.

Demain je devrais être en classe, et je ne pourrai pas. Je déteste être inactive quand je devrais être en train de m'activer dans une classe. Mais au diable, je vais aller me shaker le bonbon dans la classe de mes amours de maternelle qui est ouverte, elle. De toute manière, ça va être un bien pour un mal; je n'ai pas pu faire ranger les enfants lorsque nous avons évacué, disons que nous n'avions pas le temps.

Et pourtant, vendredi, j'ai été super active et super efficace. Disons seulement que je me serais passée de toute l'action du vendredi à évacuer en vitesse et à appeler les parents dans un coin de salle communautaire. Une chance que mes élèves sont très calmes, qu'ils savent s'occuper eux-mêmes et qu'ils ont vite compris que madame Dobby n'avait tout simplement pas le temps, entre le 3e et le 4e numéro de téléphone sur la fiche d'urgence et la gestion de liste des départs, de regarder leurs beaux dessins ou d'écouter leur blague. Et une chance que notre plan d'urgence permettait d'éviter l'hystérie collective. J'ai finalement placé tout le monde (je suis restée volontairement pour mon petit dernier même si je opuvais partir plus tôt), puis j'ai pu me reposer, la chute d'adrénaline aidant.

Le pire, c'est que tout aurait pu être décidé la veille; tant qu'à ne pas être sûrs et à attendre que le rapport soit officiel; ne dit-on pas "dans le doute, abstiens-toi"? Les inspections et les déneigements auraient pu commencer le vendredi matin.

Mais bon, ça doit être moi qui ne comprends pas la lourdeur de la tâche et qui ne comprends pas que les quelques, mais nombreuses inspections déjà faites donnaient un portrait pas assez négatif du "risque zéro". Je chiale sans savoir de quoi je parle, évidemment. Et en plus, on dit aussi "mieux vaut tard que jamais". Et, encore en plus, je ne suis pas dans les bottines des décideurs qui ont dû gérer la situation, probablement du mieux possible. Exact. Qu'on m'explique, alors, et je pourrai dire que ça ne pouvait pas être fait autrement. Argumentez fort, par contre, pour que mon opinion de l'affaire, que j'ai évidemment gardée pour moi par-devers les parents, change ;).

Dans le fond, les problèmes ont pris naissance bien avant les événements de la semaine passée et, comme le dit si bien Prof Masqué, la neige ne date pas d'hier. Je suppose (bien sincèrement, aucune ironie ici), que les autorités n'avaient pas envisagé que le problème prendrait cette ampleur après deux tempêtes successives et avec l'hiver de fou (gel, dégel, neige, fond) qu'on a. Laissons le bénéfice du doute. C'est vrai que ça a été exceptionnel et que, depuis les années, on a probablement perdu l'habitude de ce genre d'inquiétudes-là. Sauf que...

Par contre, chez moi j'ai agi; je peux dire qu'avec les avertissements partout dans les médias et les événements qui ont suivis la dernière tempête, je suis allée inspecter mon toit le mardi. Sauf que, moi, je suis pissou comme pas deux, alors...

Only My Two Cents ;)

10 mars 2008

Journée neige

Aaaahhhh... une autre journée de lâcheté!

Enfin presque. J'avais prévu terminer ma couture aujourd'hui, troquer l'oisiveté volée au calendrier scolaire pour quelque chose d'utile et d'inachevé.

Finalement, c'est l'oisiveté qui a gagné, mais pas volontairement. Le destin a voulu que ma machine à coudre me lâche irrémédiablement. Une visite du docteur Bobine sera la bienvenue.

J'ai donc réquisitionné le salon pour moi, me suis donc confortablement installée dans mon sofa et ai regardé le sixième DVD des Appendices de Lord of The Rings. J'ai donc terminé le marathon des Appendices que je n'avais pas vus dans mes coffrets, activité que j'ai dégustée tout au long de ma relâche, entre deux rendez-vous, un souper de fête, trois ou quatre coups de pelle et l'épicerie de la semaine de paye.

J'ai découvert un hommage posthume dans le dernier DVD qui m'a scié. Cameron Duncan: tellement de talent, de lucidité et de philosophie dans une si jeune personne. Un jeune qui depuis son enfance ne jure que par la réalisation de films, qui apprends à 16 ans qu'il a un cancer, qui subit tous les traitements en trouvant la force de faire un autre court-métrage sur la prison qu'est sa maladie, va mieux, retombe dans le pire, fait son dernier film traitant de sa propre mort alors qu'il lui reste deux mois à vivre. Peter Jackson voulait lui donner sa chance de réaliser une pub; il l'a contacté alors que Duncan avait eu son premier diagnostic de cancer. Lui et l'équipe de LOTR l'ont épaulé jusqu'au bout. Il a même inspiré, par sa mort, la chanson de clôture de la trilogie, "Into The West".

Outre l'histoire de sa trop courte vie, la passion de ce jeune homme pour la réalisation m'a touchée. C'était pour lui la passion avec un grand P, une passion comme on en voit parfois dans nos classes. Une passion dévorante sur un métier, un sujet, un rêve, une vie, une fin. Chaque fois que j'en rencontre une chez un de mes élèves, je me demande toujours si je serai "à la hauteur" de cette passion pour la faire grandir, évoluer, pour l'outiller, pour la porter en avant, pour ne pas jouer l'éteignoir par inadvertance. Et je me demande si je suis à la hauteur pour tous ceux qui n'ont peut-être pas une telle passion, mais qui ont besoin d'autant de précautions pour, un jour, pouvoir découvrir la leur.

Et aussi, j'espère pouvoir toujours me laisser transporter par ces passions vivantes ou passions en devenir pour aller plus loin moi-même, pour entretenir mes rêves et pour continuer d'en faire.

06 mars 2008

Mon blogue en papier

Un peu plus et on se croirait dans une émission de la Bible en papier... vous vous rappelez de ça avec Claude Lafortune? J'adorais le voir aller avec ses ciseaux; il ne manquait jamais son coup.

Mais revenons au fait.

Émile a proposé, depuis 2006, l'idée de se réapproprier le papier et le crayon, et il récidive depuis. Très bonne idée. L'an passé, j'avais participé en écrivant dans Paint (image ici; quand même, mes pattes Paint et nature se ressemblent) (pas de scan ni d'appareil photo). Cette année, par contre, c'est différent.

Voilà le mien de blogue papieresque, 100% papier. Tard, mais tout là :)

26 février 2008

Vivement la semaine de lâches!

Savez-vous pourquoi il y a une semaine de lâches?

Oubliez les explications officielles de la naissance de la semaine de relâche.

Je vais vous le dire pourquoi, moi.

C'est seulement parce que les enfants sont tellement gagas et plus capables de s'endurer eux-mêmes (et donc pas plus capables d'endurer les autres autour d'eux) pendant les deux semaines précédant le grand congé qu'ils ont besoin d'une pause pour en revenir.

Et pour cela je chante... vive les enfants!

Eh oui, car, la théorie des vases communicants étant ce qu'elle est, leur propre épuisement m'épuise totalement, je vais profiter à mon tour d'un bon congé.

Le hic, c'est que je remarque de plus en plus que les enfants ne se reposent plus pendant les relâches. Ils en reviennent souvent plus fatigués et plus "verts" qu'au départ.

Pas le choix donc. C'est moi qui me reposerai pour mieux affronter les plus drainants au retour!

Aaaaah et petite anecdote. En cherchant l'histoire de la semaine de relâche, avec les mots "semaine de relâche" et "wikipedia", je tombe sur Prof Malgré Tout parlant des mezzo-soprano-coloratura. C'est quoi le message subliminal?

16 février 2008

Une bonne alternative

Allez, un petit détour de l'enseignement pour aller voir mes aptitudes dignes de Madame Blancheville ou indignes, c'est selon, étant donné que je ne suis pas très nettoyage. Je vais oser faire un peu de pub à une gamme de produits; il faut dire que ces produits sont écologiques, alors je me sens beaucoup moins mal de les annoncer.

Dernièrement, en faisant mon épicerie, j'ai découvert ces produits: Attitude. Il s'agit de différents produits de nettoyage, partant du nettoyant douche quotidienne au tout usage, en passant par le nettoyant fenêtre et miroir ainsi que les liquides et assouplisseurs à lessive ou liquides à (lave-)vaisselle.

Ils sont certifiés Ecologo depuis janvier 2008 et sont faits à base d'ingrédients non nocifs pour l'environnement: huiles essentielles, alcool, agents ensioactifs dérivés du maïs et non du pétrole, etc. Bref, à ce que mes yeux connaissent des produits utilisés, rien de dommageable. En plus, une partie des ventes est remise àl'Association québécoise de la fibrose kystique.

J'ai essayé celui pour la douche ainsi que celui pour les fenêtre et miroirs. À mon humble avis de ménagère occasionnelle (je ne frotte pas souvent, juste assez pour que ce soit propre), je trouve qu'ils fonctionnent très bien. Quelques coups de pompe, et les affres d’un bain et deux douches partent comme par magie. Mieux encore, mes portes de douche, après un essuyage, sont devenues superbe, sans traces de savon et reluisantes, ce à quoi je n'arrivais habituellement qu'après une forte dose de Scrubbin Bubbles et un frottage en règle. Mes vitres et miroirs sont devenus clairs et propres, sans traces ou dépôt. Et, surtout, ils ne me donnent pas ce que j'appelle "cette foutue toue chimique", et diverses fragrances sont offertes.

Tout ça pour dire que je suis devenue gaga de ces produits et que je nettoie davantage depuis que je les utilise. Hum... espérance que ce sont bel et bien les produits qui me donnent cet engouement sinon mon naturel minimaliste reviendra au galop!

Je n'ai pas encore essayé les autres, mais je compte bien le faire. J'hésite pour le savon à vaisselle et le produit à lessive surtout à cause du fait que je ne suis pas encore la maître incontestée du lavage chez mes parents et que ma mère aime bien son Gain, qui est sans phosphate au moins.

Leur prix? Pas vraiment plus chers que les produits de nettoyage "traditionnels chimiques", soit entre 3 et 6 dollars à l'épicerie où je les ai pris, et il ne suffit que de quelques coups de "poush-poush" pour obtenir un bon nettoyage. Allez dans la section Compagnie/Où acheter pour savoir où les trouver et dans produits pour découvrir toute la gamme offerte.

09 février 2008

Je l'ai attrapée

Je pensais m'en sauver, mais elle "épidémise" partout. Voilà qu'elle a atteint "my dearest pearl", qui a elle aussi semé la contagion. Faut croire qu'elle n'a pas oublié le rhume que je lui ai "supposément" refilé et qu'elle a pris sa douce revanche :P. En attendant que je termine mon billet sur Ptit Nombril, je vais en profiter pour vous mettre quelque chose sous la dent.

Les règles du questionnaire :

Écrire le lien de la personne qui nous a tagué
Préciser le règlement sur son blogue
Mentionner six choses sans importance sur soi
Taguer six autres personnes en mettant leur lien
Prévenir ces personnes sur leur blogue respectif

Et c'est parti!!!

1) Je suce encore mon pouce, de manière involontaire ou nerveuse. En période de stress ou quand j'ai besoin de réconfort, je suce mon pouce la nuit. Je m'en aperçois quand je me réveille et que j'ai ce foutu doigt dans la bouche. Bon d'accord, c'est mieux que de l'avoir ailleurs, sauf que j'ai hâte de voir la tête que fera mon futur chum en se réveillant un beau matin. Et, pour rajouter à la honte, disons que si vraiment je suis très très nerveuse, il peut arriver que je le suce inconsciemment en période de veille. Je réalise donc, bien installée dans mon divan, que j'ai un pouce dans la bouche et que je me flatte le nez avec les autres doigts. J'ai remarqué que ma Ptite Poupoune (la fille d'une amie) fait couramment pareil... et elle a à peine 3 ans. Sans commentaire.

2) Ma montre a très exactement 7 minutes d'avance sur tout autre marqueur de temps. J'ai commencé ce truc au début de ma carrière d'enseignante pour m'aider à "être à l'heure". Habituellement, je voyais l'heure sur ma montre et je capotais puisqu'il était déjà trop tard pour préparer les élèves et être à temps pour une activité XYZ. En mettant 7 minutes de plus, je savais en regardant l'heure fatale que j'avais en fait un délai de 7 minutes pour m'activer au lieu d'une pour paniquer intérieurement. Ça a fonctionné étant donné que j'ai toujours la fâcheuse habitude de regarder l'heure que lorsqu'il n'est que trop tard "officiellement" sur ma montre. Depuis, je n'ai plus vraiment besoin de ce truc, mais je conserve le truc, comme ça je ne suis pas en retard ni pour mes autobus ou pour mes rendez-vous. Par contre, quand ma pile a commencé à faiblir et que ma montre a perdu du temps par le fait même, j'ai eu quelques difficultés avec mes repères chronologiques. Et imaginez le plaisir de calculer mentalement la différence quand quelqu'un me demande l'heure...

3) Je tape constamment. Pas au clavier ou sur mon voisin, non non. Je tape des pieds, des doigts, des crayons, etc. Je tape constamment, et au rythme de la chanson que j'ai dans la tête. Un peu fatigant pour mes voisins ou mes collègues en réunion du personnel. J'ai du rythme et j'adore suivre les batteries ou autres rythmes d'une chanson.

4) Je suis très habile avec mes pieds. Je suis capable de ramasser n'importe quoi avec mes orteils. J'ai un gros orteil assez habile et des orteils qui ont une faculté de préhension très développée. Ajoutez à cela une très bonne flexibilité, et le tout devient une aptitude assez pratique quand je ne veux pas me pencher. Avec mes orteils, je peux aussi pincer quelqu'un, je peux écrire assez lisiblement avec un crayon-feutre et je peux peser sur les "pitons" de ma télé pour l'allumer, la changer de poste ou monter le volume quand ma télécommande est trop loin. Je peux aussi applaudir avec mes pieds et entrecroiser mes orteils comme on le fait avec ses doigts.

5) Je bouge mon nez à la manière de celui d'un lapin.

6) NKOTB. New Kids On The Block. Je suis encore une de leurs fans finies. J'écoute encore, de temps à autre, leurs albums en cassettes. Je serais assez folle pour aller acheter un billet pour les voir en spectacle si jamais ils se remettaient ensemble. Je surveille leur site, je surveille...

Donc, voilà, c'est fait.
Que ceux qui la veulent prennent la tague :)

P.-S. : Parlant de cassettes, je cherche désespérément une compagnie qui pourrait me transférer sur DC toutes mes cassettes. J'en ai tant qu'avec mon ordi pas très rapide, j'en aurais pour des mois à tout faire, et encore là, faudrait que je croise mes doigts de pieds (oui, ils peuvent faire ça aussi) pour que ça ne plante pas en chemin.

03 février 2008

Pour bien commencer la semaine...

Mon affectation de demain tombe bien.

Espérance que je pourrai lui jaser demain. Moi qui d'habitude ne le vois qu'une fois semaine, ça serait bien qu'il n'ait pas de réunion à l'extérieur. Une journée d'extra à le voir déambuler partout et à dîner avec lui, ça ne se refuse pas!

À venir: un billet sur Ptit Nombril et sur l'inefficacité de l'ignorance intentionnelle quand le principal intéressé ne remarque même pas qu'on l'ignore!

01 février 2008

Là où il y a de l'homme...

... il y a de l'hommerie.

Je dois être vraiment naïve, mais jamais je n'aurais cru que quelqu'un puisse être si malhonnête. Que quelqu'un puisse vouloir tellement faire du mal, fesser sur un autre qui est déjà à terre pour l'achever. Je ne parle pas physiquement, mais moralement.

Je n'ai juste plus de moral concernant cette histoire; je suis une battante, mais là à force d'affronter et combattre, j'ai la langue à terre. Je vais essayer de me refaire pour le prochain affrontement. Il faut. Je ne veux pas avoir à faire les frais d'un tissus de mensonges. L'hommerie et la vacherie ne gagneront pas. Faut pas, car rendu là je ne croirai plus, mais vraiment plus, à la justice.

21 janvier 2008

Trois fois rien

  • Avoir des parents en classe, j'aime bien. Il est souvent très aidant d'en avoir, et je sais qu'il faut tirer profit de leurs forces. Plusieurs sont aussi de très bonne compagnie. Par contre, ça peut royalement m'achaler. Je suis d'une nature réservée en présence d'inconnus, et je suis très mal à l'aise d'avoir quelqu'un que je n'ai pas eu le temps d'apprivoiser (et de me faire apprivoiser) qui m'observe. Résultat: dans ce temps là, je suis gênée, je me sens observée par-dessus mon épaule et scrutée à la loupe dans mes moindres faits et gestes, et la roue de la gêne continue de rouler. Si le parent n'est pas trop du genre autonome, ou du genre aussi réservé que moi, c'est encore pire; tirez-vous une bûche, bon sang, ne restez pas debout! Et je ne parle pas du sentiment de devoir louvoyer certaines fois afin d'intervenir auprès de l'enfant du parent présent. Certains parents comprennent et appuient, d'autres sont plus "gelant". La "game" devient souvent politique.

    Tout ça pour dire que dernièrement, j'ai eu à demander de l'aide à un parent, autonome du côté de la tâche à accomplir et donc d'une aide énorme, mais un peu beaucoup gênée (donc gênante) et totalement à apprivoiser. Disons que nous n'avons que rarement le temps de nous jaser plus que cinq mots pour nous dégêner (la rencontre de parents ne compte évidemment pas de par son contenu) comparé à d'autres parents avec qui je pourrais jaser des heures (même si nous ne nous connaissons pas d'avance). Au début de notre collaboration, je me sentais perpétuellement en équilibre sur des oeufs, et que ça a tout pris pour qu'elle finisse par s'asseoir. Après deux jours, nous étions toutes les deux à l'aise. Alléluia, jamais trop tard!


  • Ce qui me faisait grincer des dents avant Noël qui concernait mon boulot semble tranquillement s'arranger. Je touche du bois.


  • Depuis que je suis enseignante, chaque fois que je veux faire des expériences scientifiques avec de la neige, j'ai des problèmes de "timing". À la minute où je les planifie, tout fond ou gèle bord en bord. Et, lorsqu'il y a une légère chute de neige, je finis par trouver l'occasion dans les jours suivants, au prix de bouleverser certaines autres activités qui se retrouveront dans les caves de l'oubli.

    Par contre, depuis que je ne suis qu'à deux jours dans une classe, c'est pire que pire. Quand je sens que le timing sera bon (évidemment dans la semaine d'après puisque la chute de neige nécessaire a le don de tomber soit avant des projets coulés dans le béton de l'horaire ou tard dans mes deux jours), tout (re)gèle, tout (re)fond. Sinon, quand je ne veux pas en faire faute de temps ou parce que j'ai un projet plus "important" ou demandant en route, paf, méga tempête de neige. Avec mon peu de temps de présence, le cercle vicieux se perpétue la semaine suivante. Je rends grâces lorsque mes flûtes rencontrent celles de Dame Nature. Il y a conspiration des éléments ou mon nom n'est pas Dobby!

15 janvier 2008

Une blague puante

J'ai cet enfant dans ma classe de première année que je pourrais appeler Allo Lalune. Allo Lalune n'est pas un enfant très autonome (maman et papa font tout pour lui), peu attentif malgré une certaine réussite, et affiche ce décalage caractéristique des enfants qui passent leur temps dans la lune à jouer dans leur tête. Il se ramasse donc souvent dans des situations gênantes par ses réponses décalées ou présente des yeux dans la graisse de bine si on ne l'a pas préalablement "réveillé" d'un "toc toc" sur son bureau.

Cet avant-midi, je faisais une leçon de lecture combinant les sons OI et OIN; ces sons mélangés dans différents mots portent à confusion et les enfants les ont mélangés ou mal perçus tout le long. J'ai donc décidé d'écrire différents mots au tableau pour qu'ils les lisent et qu'ils me disent, chaque fois, pourquoi ils lisaient un son plutôt que l'autre. Simple.

Après que la majorité des élèves soient passés "au cash", et que j'ai répété la question "pourquoi tu lis (par exemple, foi) au lieu de (foin), je pose un lapin, ou plutôt un putois, à Allo Lalune. J'écris le nom de cet animal, qu'il lit aisément puisque je l'ai réveillé de ma voix forte avant de lui écrire le mot. J'explique ce qu'est qu'un putois (en fait, j'explique la mauvaise chose, soit celle que Pépé Lapiou la moufette m'a toujours racontée quand il passait à la suite de Bugs Bunny en se faisant passer pour un putois; je devrai donc faire une précision la semaine prochaine). Puis, je retourne à ma question première: "pourquoi Allo est-ce que c'est putois que tu as lu?"

La réponse est venue rapidement. Un éclair de génie, un jeu de mots tombé de la bouche des dieux dans la sienne. Tombé des nues littéralement le jeu.

"Parce que tu pues, toi."

Ai-je besoin de dire que l'hilarité a été générale? Que j'étais affalée sur le tableau, crampée de rire devant sa figure tout innocente et pleine de bonne volonté, lui qui ne voulait pas du tout faire une blague, mais qui était sérieux comme un pape, sans trop savoir pourquoi tout le monde riait, pour ensuite le réaliser quand je lui ai dit "tu oses me dire que je pue et me traiter de putois?!?!?!?".

Le coup de grâce a été porté quand j'ai embarqué dans l'affaire en lâchant un "Heiile! Regardez-moi! Est-ce que j'ai l'air poilue noir avec une ligne blanche?!?!?!".

"OUUUUUUUUUUUIIIIIIIII" ils ont répondu tous en choeur.

Aargh... les petits puants!