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29 avril 2010

Baisse ta quoi!?!?!

Rébellion

Il y a deux semaines, alors que le beau temps refait son apparition et que les manteaux deviennent moins long à enfiler, je me fais jouer un vilain tour par l'horloge de la classe: elle ne fera sonner la cloche du départ que dans plus de 5 minutes. Je fais donc mon jeu de vestiaire préféré (et aimé des enfants). Il s'agit en fait d'un jeu de pratique du contact visuel où, lorsqu'un enfant est en contact avec moi, il doit, selon mon signe de tête, se lever ou s'asseoir. Ils aiment bien, et moi aussi vu que c'est un jeu relativement tranquille, parfait pour mon esprit de vestiaire (où le silence quasi-absolu et le calme règnent en vue du départ).

Je commence donc mes regards et signes de tête, tout roule. Je fais parfois lever et asseoir les enfants à répétition, ce qui les fait bien rire. Je regarde A., une de mes filles, lui fait un signe de tête et ça se produit. Elle me regarde, sourire en coin, se croise les bras et me fait signe que non. Je répète mon signe.... même attitude. Je lui fait donc en signe la "menace" suivante: si tu ne le fais pas, je me lève et tu vas voir! Les autres rient alors qu'elle me réitère son refus. Je me lève, faisant les "gros-zieux-pour-rire" et en riant elle fait ce que je lui ai demandé.

Affaire classée, me dis-je. Eh bien non. Les cinq dernières minutes ont été des plus hilarantes, car ils m'ont tous fait le coup, par entraînement mais aussi par confiance. Jamais un enfant qui est mal dans sa peau ne l'aurait fait. En fait, jamais mon petit S. ne l'aurait fait avant janvier, lui qui était presque gêner d'exister, et il l'a fait. Grosse victoire. Et moi, à chaque fois, j'inventais une nouvelle menace, passant de faire semblant de ne plus jouer à retourner une enfant tête en bas. Et quand j'ai dit, ouais mais à si on le fait tout le temps on ne pourra plus jouer pour vrai, ils m'ont dit qu'ils ne le faisaient qu'une fois chacun. Géniaux je vous dis.


Baisse ta 'upe!


Mise en situation. A. arrive à côté de moi comme un coup de vent, un cheveu sur la soupe, un pot de colle, une mouche à miel, bref comme à son habitude. Elle qui a toujours quelque chose à me dire, me dit que sa jupe la dérange, qu'elle doit la baisser.

Je la regarde, toujours avec mon air intérieurement ahuri. Je l'adore cette enfant, mais parfois...! Et c'est là que ma réponse sort.

Baisse ta 'upe les 'ambes te 'èlent!!!

A. me regarde et me dit quoi?!?!? Et je ris à la voir essayer de répéter la chose tout en essayant de savoir ce que je lui ai dit. Elle devine "jupe", mais ne trouve pas le reste. Je lui dit que le premier son manque dans chaque mot et que c'est le même qui manquait dans jupe. Elle se démène et c'est finalement T., un autre petit vite, qui lui dit que c'est le J. À force d'essais et de mimes, elle finit par trouver "jambes", et quand je rajoute au début de la phrase "C'est l'hiver..." elle trouve "gèlent".

Et la journée s'est terminée avec tous les enfants qui essayaient de répéter "baisse ta 'upe les 'ambes te 'èlent!"

14 avril 2009

Le monde est petit...

Je le réalise encore plus quand j'apprends au cours d'une couversation que celle qui me parle, que j'ai remplacée il y a quelques temps, est la conjointe d'un collègue d'étude avec qui je me tenais régulièrement.

Jamais je n'aurais pu le savoir si elle ne m'avait pas demandé où j'avais étudié, quand j'avais terminé mes études et si je connaissais pas son conjoint. Je savais bien son prénom, à elle (à l'époque il en parlait tellement souvent de sa douce), mais je ne connaissais pas son nom de famille et je ne l'avais jamais rencontrée.

C'est plaisant ces rencontres, et c'est plaisant de recevoir des nouvelles de gens qui ont marqué notre cheminement et dont on se souvient encore.

Un autre avantage de la suppléance :)

10 avril 2009

Nous deux, ça ne se peut plus

Elle a vraiment du bagou ma Suzie Risettes. Il n'y a rien à son épreuve. Tassez-vous de là, et tenez-vous-le pour dit: elle n'a pas la langue dans sa poche et le message ne peut être plus direct et plus clair. Même Charismatique Solitaire ne peut rien contre elle.

Justement, la dernière scène de "chien dans le nez" de notre demoiselle avait comme vis-à-vis Solitaire Charismatique. Faut croire que j'étais la dernière à le savoir, mais ils étaient, du haut de leurs 5 ans, en couple. En fait, je l'ai appris au moment ou Suzie expliquait à Solitaire que, et je cite, ça ne pouvait plus durer, que c'était fini entre eux, et que là c'était comme ça. Charismatique, qui pourtant n'a jamais perdu le dernier mot d'une histoire, n'a pu que demander pourquoi. Ce à quoi elle a répliqué qu'elle ne l'aimait plus et que c'était tout.

La scène était à la fois rigolote et surréaliste. Voir ma minuscule Suzie gesticuler et lancer ses tirades les deux mains sur les hanches à mon Charismatique en perte momentanée de moyens, ça valait une photo. Ce que ma collègue et moi avons tenté de faire subtilement, en essayant de taire notre barbe qui riait trop. Jusqu'à ce que les deux protagonistes s'en aperçoivent et, à l'unisson, nous lancent un "beeeeennn làààààà!!! Faites-nous plus jamais ça!!!".

Nous avons bien ri tous les quatre, jusqu'à ce qu'ils nous demandent de prendre une photo d'eux pour le vrai. J'aimerais que vous puissiez voir la pose de nos deux ex-tourtereaux. On y voit la complicité d'un moment, forte complicité, bien qu'une image ne laisse jamais totalement tout transparaître. Mais, en la voyant, vous pourriez imaginer tout ce que vous y avez manqué. En tout cas, moi, à chaque fois que je la verrai, je vais revoir Suzie et ses petits poings bien ancrés de même que Charismatique prenant son gaz égal, pour une fois.

09 avril 2009

Madame Dobby la Marâtre...

Mouaip...

Suis une marâtre...

De la pire espèce...

J'ai osé les priver de leurs chocolats de Pâques...

...

La matinée avait quand même bien commencé... Ils me connaissent, je les connais. Il a fallu que je leur sorte le méga tableau d'émulation, mais c'est correct comme ça. Vous en avez besoin à ce point pour sentir qu'on vous encadre, bien parfait.

Sauf que, cet après-midi, ça s'est gâté. Leurs aptitudes à se mêler des affaires des autres, à s'obstiner pour un rien, à dire "j'ai rien fait, c'est pas moi c'est lui qui a commmencé" quand je les prends en flagrant délit de varger sur un autre pour régler leurs problèmes et à lever le ton pour optimiser toutes ces options on été utilisées à vitesse grand V. En, en plus, ils font le tout à vitesse grand double-V: ce qui était une affaire d'un noyau de deux ou trois devient une affaire au carré quand chaque obstinateur se détourne du conflit principal pour créer chacun de son côté un nouveau conflit avec 2 autres personnes qui cherchent à les obstiner. Si vous avez déjà vu la séparation cellulaire, vous pouvez prendre l'image comme référence.

Bref, imaginez l'atmosphère quand les autres élèves décident qu'ils feront eux la loi et le prof à votre place. Yé. Même pas le temps de réagir ni de le voir venir (et ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé, loin de là).

J'ai eu beau faire la zen, mettre des moins dans le tableau d'émulation, mettre un plus pour souligner un effort de retrouver le calme, remettre des moins quand le chialage recommençait de plus belle (et devinez lesquels entre "les ceusses" qui sont à leur affaire et "les ceusses" qui sont les premiers à mettre leur grain de sel ordonnaient en criant aux autres de se taire? Ouaip, les derniers des "ceusses"!), sans compter le nombre de "mêle-toi de tes affaires" que j'ai pu dire, rien n'y faisait.

Finalement, j'ai pris l'option que je déteste le plus, mais qui a un effet boeuf pour limiter les dégâts et éviter que ça dégénère encore plus que dans les 30 dernières secondes: crier plus fort qu'eux et lâcher un WACK! comme on dit. Je dé-tes-te. Je déteste devoir crier quand parler fort n'est pas suffisant pour attirer leur attention. J'ai dû faire ça à multiples reprises, même si entre chaque fois il arrivait parfois que l'intervention posée puisse porter fruit. Et, je le répète, je déteste.

Jusqu'à la fin, je les prévenais de ce qui se passait, de ce que je voulais, pour finir par leur gueuler les mêmes consignes parce qu’à la minute où j'avais obtenu le silence et le calme, ils se mettaient en branle non pas pour faire ce que j'avais dit, mais pour aller se "chercher" mutuellement ou se régenter entre eux, au déplaisir des régentés qui n'en chialaient que plus.

Et, à la fin, mal leur en prit: je leur avais dit, pour les encourager à se grouiller, qu'ils avaient 2 minutes pour ranger, deux minutes pour que je passe des feuilles et qu'ensuite ils auraient le temps, s'ils respectaient tout cela, de recevoir les chocolats que leur enseignante leur avait laissés. Ils ont rangé en 2 minutes, ils se sont mis en silence pour recevoir les feuilles, mais ont profité de la distribution ce celles-ci pour repartir de plus belle leur autogossage.

Ça a été le dernier WACK! que j'ai lancé. Il a été suivi d'un très senti et tonitruant "laissez-faire les chocolats, j'ai eu beau essayer, vous ne les méritez pas. Et allez vous préparer pour partir...". Déception sentie, mais aucun n'a osé me contredire.

Je déteste ces journées-là où ça commence bien pour foirer. Où je dois crier. Maudit que je ne me sens pas pro!

Et c'est la première fois de ma carrière que j'annule un cadeau.

24 février 2009

Élémentaire mon cher Watson!

La semaine passée, avec mon groupe de maternelle, j'ai commencé la gravure et l'impression. Le thème: l'île déserte. À la question "qu'amènerais-tu sur une île déserte?", les réponses ont été multiples. Outre les merveilleux Bakugan (ceux-là même qui remplissent les tiroirs à gugusses confisquées des bureaux de profs), j'ai obtenu un chat, une bouée pour nager dans le profond, un petit bateau pour jouer dans l'eau et...

"-Un trésor."

Air d'étonnement de ma part. "Et pourquoi, Suzie Risettes?"

"-Ben, pour l'enterrer." Sourire candide et clin d'oeil de Mamzelle Risettes puis éclats de rire en duo.

Fallait y penser... ils n'arrivent pas là tout seuls non?

06 février 2009

Petite perle de 3e année

Dans un exercice où la consigne était d'écrire le masculin du nom féminin donné...

J'ai ri de voir la réponse en imaginant ce dont ça aurait l'air dans la minute de la faune et de la flore canayenne.

"Masculin de hirondelle:

- rondelle"

Jolie omission hihi.

14 octobre 2008

Dites ouistitiiiiiiii!

Le billet de Grande Dame sur les difficultés d'avoir la photo "parfaite" avec six enfants m'a inspiré un billet sur la perfection que peut atteindre une photo de classe. Il faut dire que j'en connais un bail sur le sujet, après tant de photos avec des classes de maternelles, et que celle de ma présente classe frôle vraiment la perfection.

Donc, chers amis, voici comment vous assurer que votre photo de classe soit parfaite:

  • Assurez-vous d'avoir, quelque part dans la photo, un enfant qui, au moment où le flash fait son oeuvre, tire la langue de manière tout à fait discrète. Cela fera en sorte que le photographe n'y aura vu que du feu et que l'enfant accentuera par la même occasion le fait que ses oreilles bien rondes sont légèrement décollées et qu'un de ses yeux se fiche éperdument de l'autre.


  • Assurez-vous que l'enfant le plus revendicateur du droit au moindre effort, celui qui trouve que la vie est dure pour sa petite personne et qui trouve que même l'effort de revendication est une insulte à celle-ci, soit bien assis sur son banc, manière "potato couch", avec un air de "Ptit Gars Fatigué" du Groupe Sanguin. Accentuez la chose par le fait que son tricot, déboutonné, pend lamentablement en bas de ses deux épaules.


  • Assurez-vous d'avoir au moins deux ou trois sourires-dentiers. Vous savez, ces sourires qui donnent l'impression que la pire conséquence dans notre classe est de manger un quartier de citron entier... et qu'ils viennent justement de finir d'en purger une.


  • Assurez-vous aussi d'avoir un enfant baboune. Un enfant qui semble dire "Vas-tu la prendre ton **** de photo qu'on en finisse, j'ai des poupées à aller finir d'habiller!"


  • Soyez aussi certains de ne pas vérifier que même les enfants qui n'ont rien à cirer d'un "Mets tes mains sur tes genoux et tes pieds à plat en avant de toi" n'ont rien à cirer de répondre adéquatement à cette consigne. Un enfant qui se balance sur son banc, qui a l'air de tomber vers l'arrière ou qui oublie que ses genoux ne sont pas entre le tibia et la cheville donne un bel air de vie à une photo scolaire.


  • Évidemment, quelle photo parfaite le serait sans son traditionnel "Ho non, v'là le flash, vite j'me ferme les yeux!" et sans son traditionnel enfant qui recule se cacher derrière un autre, fort probablement pour les mêmes raisons.


  • Bien que la photo parfaite ne l'exige pas vraiment, tentez d'avoir dans votre photo une histoire qui vous fera vous interroger, vous et votre entourage, pour les quelques années à venir. Par exemple, un "coudon, veux-tu bien me dire pourquoi il a l'air de souffrir la pire douleur de sa vie?" Ça assure la pérennité des souvenirs...


  • Enfin, assurez-vous que tous les autres enfants affichent leurs plus jolis minois et leurs plus francs sourires afin de contrebalancer le tout.


Voilà! Si vous suivez mes conseils et qu'au surplus on vous envoie cette journée-là un photographe pas très organisé et assez fendant pour vous reprocher d'être trop à votre affaire alors que ça fait 10 minutes que vous l'attendez devant un simili-fond de simili mur de brique, vous aurez la plus parfaite des parfaites photos de classe.

La plus parfaite des photos de classe pour la plus imparfaite, mais ô combien plus intéressante et réaliste, classe!

:)

16 septembre 2008

Je pensais avoir tout vu...

... mais non!!!

Ma nouvelle classe m'offre aussi des nouveautés en matière de situation tragico-comique.

Un enfant va carrément s'sseoir dans le lavabo, tellement frustré et affrontant qu'il fait cette bizarrerie. C'est mourrant à voir si on est de l'extérieur, mais vu que j'avais enduré plein d'autres refus de sa part avant, moins mignon de le retirer de là lui et son popotin détrempé! Tout de même je lui accorde un 9 pour son originalité!

La même journée, des enfants se font des peintures de guerre en pleine figure avec la peinture tactile. In-cro-yable. J'avais presque envie, dans le fond, de leur fournir les plumes... Et le pire, c'est qu'entre deux tonnerres et trois froncements de sourcils, j'ai pu admirer la qualité de leur travail en ce qui a trait à la symétrie. Penauds et symétriques... ah là là!!!

Et à la question "comment vous écrivez le nombre 13 les amis?" j'ai eu la mignonne réponse "Avec un crayon". Mignon parce qu'avec un grand sourire sincère, des lulus et des "linettes", on ne peut pas faire autrement que trouver la scène tout simplement craquante. Je crois que faudrait apprendre, des fois, ou réapprendre plutôt, à réfléchir avec la simplicité des enfants. Efficaces ils sont!

Pour le reste de ma semaine, une chance que la suppléance implique pour moi de faire mon boulot d'enseignante. Et que ça implique la reconnaissance de pairs que je ne connaissais pas avant, tout comme les câlins et les bons mots d'élèves qui ne me connaissaient pas encore la veille. Ça va être tout ça qui va me garder le moral, même si l'année va être longue... parce que pour le reste de l'administratif, on peut appeler ça "how to pitcher ze human interest chez le yâble!"

Ils ne m'auront pas...

05 septembre 2008

Tutti-frutti 05-09-08

Des petites nouvelles ou quelques faits et états d'âme...

  • Un ajustement année courante sur un talon de paie, saviez-vous que, même si ça adonnait que ça avait l'air de ça, ce n'est pas logiquement les 10 jours de paie qui manquait dans le montant que la CS nous retient puis nous regarroche joyeusement en juin pour avoir un été potable (payée 40 jours incluant la paye de juin alors qu'il y a 40 jours d'été plus la paie de juin justement!!!)? C'est plutôt l'ajustement du nombre de jours manquants à la période de paie entre son début et le moment où on commence à travailler pour "égaliser" mon salaire annuel de 200 jours. Je viens tout juste de l'apprendre, étant donné que je n'ai pas eu d'ajustement cette année, alors que j'attendais ce moment avec délectation. Ne l'ayant pas eu à cette paie (que je croyais ne pas avoir en plus), j'ai appelé au service des paies. J'ai appris que, puisqu'on a commencé à travailler au premier jour de la période de paie, je n'aurais pas de merveilleux petit montant si bien placé après un été de disette, montant que par pur hasard du calendrier j'obtenais à chaque année depuis minimum 4 ans, soit les années où je commençais avec un contrat. Au yâble le billet de NKOTB, et l'ordi attendra en octobre. Fait ch***. Bon d'accord, je paye mes factures quand même et je ne mange pas de "pouelle" non plus; c'est vrai et ma raison me dit que dans le fond c'est ça qui compte. Mais, fait ch*** mon émotif irrationnel bourré de joie et d'attente.


  • Pas eu de nouvelle de lui; pas de nouvelles provenant de lui en fait. Je l'ai rencontré au travail et j'ai eu de ses nouvelles, mais aucune initiative de téléphone de sa part comme prévu par sa personne. Bon, il a profité de ses vacances, mais... soupir... J'aurais aimé un tantinet d'intérêt, un téléphone juste pour dire qu'il n'avait pas oublié. Un petit quelque chose même amical. En tout cas. Il sait que l'offre à souper tient toujours. Je ne m'acharnerai pas. Ça craint comme disent les Français, et ça rentre (encore) dedans matante Dobby.


  • J'ai eu les nouvelles que j'attendais. Pas de deux jours. Pas de gâterie dans ma semaine. Pas avec mon équipe-école de "mon" école. Niet. Ça s'est encore passé ailleurs que ça aurait dû se passer. J'en ai braillé une "shot". Ça pince encore... je sais que c'est "comme" ça en enseignement, qu'on se fait barouetter d'une école à l'autre, d'un poste à l'autre. J'aurais juste mieux accepté le fait que c'était terminé "naturellement" par un vrai barouettage que par une décision unilatérale du genre qui vient me couper toute occasion de même terminer ça de la "bonne façon". L'administratif et les crocheries (pour ne pas dire crosseries), j'en ai ma claque.


  • Je suis allée au bingo ce soir. Pas celui de ma tante Gertrude, celui des profs. Rien de bon, quelques postes réguliers menant à la permanence en préscolaire 4 ans à faire dans deux écoles (avec trajet entre les deux impossible à faire en transport en commun) ou une tâche de 4 ans dans une seule école que je sais être dans un racoin de préfabriqué avec pas grand-chose comme matériel. Restait un truc tellement loin que je n'en parle même pas parce que pas voyageable en transport en commun. je suis partie finalement avant même que ça ne commence.


  • J'espère que ce sera ma dernière année sur ce projet. Je réalise que "matante" Dobby a fait le tour du jardin. Je sais de quoi je suis capable, je continue à "ramasser" les classes perdues et à combler les autres. Disons que cette année le choix a été plus économique, et avec tout le branle-bas d'émotions autant du côté personnel que professionnel, je me sens un peu démoralisée. J'aime encore enseigner, et c'est, je crois, ce qui me sauve. Malgré tout, je fais ce que j'aime, mais j'ai donc hâte de me retrouver dans mes pénates, surtout que je n'ai plus ces deux jours où je me sentais chez moi. J'aime et j'adore ma nouvelle équipe, ça aide aussi. Ce n'est pas pareil, mais c'est normal, je m'ennuie et je me sens déracinée présentement. Nono comme ça. Pourtant, j'ai déjà été barouettée, je devrais savoir. Mais non, puisque ça n'a pas été vécu sous les mêmes conditions...


  • Par contre, la journée que je fais sera très motivante vu que je la passerai presque toute à faire des arts plastiques, chose que l'enseignante ne fait que très rarement et qu'elle est bien contente de me voir prendre en charge. Et je vais en faire selon le "vrai modèle" de l'exercice de base et de l'exécution. J'ai déjà prévu plein d'activités, le matériel, les déroulements sont dans ma tête. Les enfants ont déjà bien apprécié mon activité de première rencontre: de la peinture tactile pour réaliser une oeuvre commune et passer par le fait même le miracle du mélange des couleurs. J'ai hâte d'expérimenter des journées "artistiques" régulièrement comme ça.


  • Des fois, j'ai honte de faire partie du projet. Pourquoi? Parce qu'admistrativement parlant, il est plus "rentable" de foutre le bordel dans une classe pour faire travailler 3-4 personnes du même projet qui sont inactives (on pourrait mettre la même quitte à la remplacer lors de sa journée fixe, mais je suppose qu'on en veut pas que ce soit toujours les mêmes qui paressent... soupir...), que de mettre un suppléant qui fera l'intermède entre le départ/absence d'un prof et l'arrivée du suppléant finalement trouvé pour faire le reste du temps. Il y a souvent même quelques tissus de mensonges pour expliquer qu'un suppléant libre ne vient pas; une chance que certains sont plus honnêtes, au moins ça rachète l'affaire un tantinet. Assez honteux pareil dans tous les cas. Cette fois-ci, une chance que quelqu'un a pris le poste au bingo de cette semaine. Je ne sais pas si la classe aurait résisté encore longtemps aux ballottages eux qui y ont déjà goûté l'an passé à de multiples reprises. Par chance aussi que dans les 6 jours de début d'année ils m'aient eu pour 3 jours: enfin de la stabilité pour eux!!!


  • Et moi aussi, j'ai été chanceuse. J'ai dû tenir cette classe serrée, leur rentrer dedans un peu, les mettre devant les conséquences de leurs choix. Pourtant, à la période libre aujourd'hui, les filles m'ont fait le plus beau des cadeaux: méga message sur le tableau blanc rempli de "#1" "Meilleure prof" "On t'aime Madame Dobby", de coeurs, de sourires et de couleurs. Ai-je besoin de dire que ça a franchement fait du bien à mon âme "un ptit peu beaucoup" poquée?

19 avril 2008

Dessine-moi... une fleur!

Je me rappelle maintenant pourquoi je n'aimais pas, en stage, devoir faire mon journal professionnel. Je trouvais frustrant de ne pas toujours y avoir quelque chose à dire ou l'énergie de penser à quelque chose à dire.

C'est précisément le sentiment qui m'habite depuis quelque temps. Entre les évaluations et les bulletins d'une classe, les bulletins descriptifs de ma classe, mes boîtes à faire, mon déménageur à trouver (avec un piano et seulement quelques meubles, faut que je cherche beau, bon, pas cher et assuré), le grand ménage, ma vie et mes petits bonheurs de le voir (en attendant le moment fatidique où je n'aurai d'autre choix que de lui dire qu'il m'est rentré dans le coeur faute de regretter de ne l'avoir pas fait au risque de perdre sa compagnie), je n'ai juste pas de sujet ou pas l'envie faute de temps pour moi.

Sauf que, maintenant que je m'y mets entre deux secondes libres, j'ai envie d'écrire sur ce bon coup vécu cette semaine. L'équipe-école d'une de mes classes a créé, pour les besoins de nos élèves plus ou moins motivés, un projet de décloisonnement des plus motivants autant pour eux que pour moi; les forts, les moyens et les faibles sont divisés entre les profs et l'orthopédagogue. Lorsque je suis présente, nous travaillons l'écriture. Je m'occupe d'une quinzaine d'élèves moyens et je travaille des techniques d'écriture. Très expérimental; on n'a que le "travail" en main, et à nous de trouver plus ou moins sur le coup les méthodes à utiliser. J'adore improviser mon enseignement, alors je suis servie. Et ça fonctionne. Je n'ai jamais vu autant de participation dans une courte heure, surtout en enseignant les moyens d'améliorer une phrase (lire ici les élèves découvrent les différents moyens que certains utilisent sans le savoir).

Le bon coup, c'est comment j'ai illustré l'amélioration en ajoutant des mots de qualité (adjectifs) ou des précisions (compléments) à un nom dans la phrase. J'étais assez fière de ce que mes neurones avaient trouvé pour leur faire comprendre. J'ai pris une phrase bien simple.

"J'aime les fleurs."

J'ai dessiné une fleur ressemblant à ceci:



Puis, j'ai demandé aux élèves d'améliorer ma phrase en rajoutant des mots pour la fleur. Une des élèves a trouvé "J'aime les fleurs roses." J'ai donc dessiné à côté de ma première fleur ceci:



Sous les acclamations ("Wow, c'est beau!!!"), j'ai demandé de continuer à améliorer ma phrase. À ce moment, j'ai 15 mains levées avec des yeux allumés, car ils viennent de saisir. Même Allo Lalune semble avoir compris. Et son équivalent de l'autre classe, content que je donne la parole à sa main frénétiquement levée, me lance un "J'aime les fleurs roses avec des tiges vertes". Et je leur dessine ceci:



C'est ensuite que nous avons pu terminer la période en passant d'un "J'ai peur des vampires" à un "Je suis effrayé par les vampires dégoulinant de sang qui sortent dans les rues la nuit." "Pas pire, pas pire, pas pire!" comme dirait ce cher Ron!

21 janvier 2008

Trois fois rien

  • Avoir des parents en classe, j'aime bien. Il est souvent très aidant d'en avoir, et je sais qu'il faut tirer profit de leurs forces. Plusieurs sont aussi de très bonne compagnie. Par contre, ça peut royalement m'achaler. Je suis d'une nature réservée en présence d'inconnus, et je suis très mal à l'aise d'avoir quelqu'un que je n'ai pas eu le temps d'apprivoiser (et de me faire apprivoiser) qui m'observe. Résultat: dans ce temps là, je suis gênée, je me sens observée par-dessus mon épaule et scrutée à la loupe dans mes moindres faits et gestes, et la roue de la gêne continue de rouler. Si le parent n'est pas trop du genre autonome, ou du genre aussi réservé que moi, c'est encore pire; tirez-vous une bûche, bon sang, ne restez pas debout! Et je ne parle pas du sentiment de devoir louvoyer certaines fois afin d'intervenir auprès de l'enfant du parent présent. Certains parents comprennent et appuient, d'autres sont plus "gelant". La "game" devient souvent politique.

    Tout ça pour dire que dernièrement, j'ai eu à demander de l'aide à un parent, autonome du côté de la tâche à accomplir et donc d'une aide énorme, mais un peu beaucoup gênée (donc gênante) et totalement à apprivoiser. Disons que nous n'avons que rarement le temps de nous jaser plus que cinq mots pour nous dégêner (la rencontre de parents ne compte évidemment pas de par son contenu) comparé à d'autres parents avec qui je pourrais jaser des heures (même si nous ne nous connaissons pas d'avance). Au début de notre collaboration, je me sentais perpétuellement en équilibre sur des oeufs, et que ça a tout pris pour qu'elle finisse par s'asseoir. Après deux jours, nous étions toutes les deux à l'aise. Alléluia, jamais trop tard!


  • Ce qui me faisait grincer des dents avant Noël qui concernait mon boulot semble tranquillement s'arranger. Je touche du bois.


  • Depuis que je suis enseignante, chaque fois que je veux faire des expériences scientifiques avec de la neige, j'ai des problèmes de "timing". À la minute où je les planifie, tout fond ou gèle bord en bord. Et, lorsqu'il y a une légère chute de neige, je finis par trouver l'occasion dans les jours suivants, au prix de bouleverser certaines autres activités qui se retrouveront dans les caves de l'oubli.

    Par contre, depuis que je ne suis qu'à deux jours dans une classe, c'est pire que pire. Quand je sens que le timing sera bon (évidemment dans la semaine d'après puisque la chute de neige nécessaire a le don de tomber soit avant des projets coulés dans le béton de l'horaire ou tard dans mes deux jours), tout (re)gèle, tout (re)fond. Sinon, quand je ne veux pas en faire faute de temps ou parce que j'ai un projet plus "important" ou demandant en route, paf, méga tempête de neige. Avec mon peu de temps de présence, le cercle vicieux se perpétue la semaine suivante. Je rends grâces lorsque mes flûtes rencontrent celles de Dame Nature. Il y a conspiration des éléments ou mon nom n'est pas Dobby!

15 janvier 2008

Une blague puante

J'ai cet enfant dans ma classe de première année que je pourrais appeler Allo Lalune. Allo Lalune n'est pas un enfant très autonome (maman et papa font tout pour lui), peu attentif malgré une certaine réussite, et affiche ce décalage caractéristique des enfants qui passent leur temps dans la lune à jouer dans leur tête. Il se ramasse donc souvent dans des situations gênantes par ses réponses décalées ou présente des yeux dans la graisse de bine si on ne l'a pas préalablement "réveillé" d'un "toc toc" sur son bureau.

Cet avant-midi, je faisais une leçon de lecture combinant les sons OI et OIN; ces sons mélangés dans différents mots portent à confusion et les enfants les ont mélangés ou mal perçus tout le long. J'ai donc décidé d'écrire différents mots au tableau pour qu'ils les lisent et qu'ils me disent, chaque fois, pourquoi ils lisaient un son plutôt que l'autre. Simple.

Après que la majorité des élèves soient passés "au cash", et que j'ai répété la question "pourquoi tu lis (par exemple, foi) au lieu de (foin), je pose un lapin, ou plutôt un putois, à Allo Lalune. J'écris le nom de cet animal, qu'il lit aisément puisque je l'ai réveillé de ma voix forte avant de lui écrire le mot. J'explique ce qu'est qu'un putois (en fait, j'explique la mauvaise chose, soit celle que Pépé Lapiou la moufette m'a toujours racontée quand il passait à la suite de Bugs Bunny en se faisant passer pour un putois; je devrai donc faire une précision la semaine prochaine). Puis, je retourne à ma question première: "pourquoi Allo est-ce que c'est putois que tu as lu?"

La réponse est venue rapidement. Un éclair de génie, un jeu de mots tombé de la bouche des dieux dans la sienne. Tombé des nues littéralement le jeu.

"Parce que tu pues, toi."

Ai-je besoin de dire que l'hilarité a été générale? Que j'étais affalée sur le tableau, crampée de rire devant sa figure tout innocente et pleine de bonne volonté, lui qui ne voulait pas du tout faire une blague, mais qui était sérieux comme un pape, sans trop savoir pourquoi tout le monde riait, pour ensuite le réaliser quand je lui ai dit "tu oses me dire que je pue et me traiter de putois?!?!?!?".

Le coup de grâce a été porté quand j'ai embarqué dans l'affaire en lâchant un "Heiile! Regardez-moi! Est-ce que j'ai l'air poilue noir avec une ligne blanche?!?!?!".

"OUUUUUUUUUUUIIIIIIIII" ils ont répondu tous en choeur.

Aargh... les petits puants!