04 février 2012

J'ai peur qu'on le perde...

Mon Ti-Poqué.

Après avoir été en placement temporaire pour des raisons évidemment hors de son contrôle, il nous est revenu. Heureux de revenir après 3 semaines. Le câlin qu'il nous a fait en disait long, bien plus long que ses trois pommes.

Quand hier il ne s'est pas présenté à l'école, je me suis inquiétée. Et j'espérais qu'il ne soit que malade. Malheureusement, c'est à cause de la situation familiale terriblement instable qu'il était encore absent. Placement; un jour, peut-être deux, peut-être plus.

J'aimerais donc que les événements arrêtent de débouler pour qu'il puisse atteindre une certaine stabilité, que je puisse travailler avec lui sur tous ces petits accrocs à sa personnalité tricotée tout croche, mais qui est tellement belle quand on s'y attarde un brin. Je sais bien que pour le moment, ce n'est pas possible, et que je dois faire avec.

Et en même tant que j'ai peur de le perdre, j'aurais envie de le perdre pour de bon, mais seulement pour un placement qui lui assurerait tout ce que je lui souhaite, en attendant (espérant) que la situation familiale se replace.

J'ai peur qu'on le perde physiquement, mais dans le fond, j'ai surtout peur qu'on le perde tout court, psychologiquement, dans le dédale des problèmes, de l'instabilité, des placements, des difficultés, alouette.

Je pense que je vais m'en souvenir longtemps de Ti-Poqué.
Je dirais même toujours. Quoi qu'il arrive.

20 janvier 2012

Aveu coupable

Ça fait deux semaines que je roule.

Que j'enfile les activité d'apprentissage, peinarde.

Deux semaines que ma classe a retrouvé son air d'aller, ses bonnes vieilles habitudes.

Deux semaines que j'enclenche des projets que j'avais dû mettre en veilleuse, comme faire la "pas si simple" initiation à la bibliothèque.

Si le meilleur pour Ti-Poqué est de nous revenir, eh bien je le lui souhaite. Et je crois que oui on peut lui apporter beaucoup...

Mais en même temps...

J'aime ce que je (re)vis présentement.

11 janvier 2012

Le retour

Le retour s'est fait tout en douceur.

Malheureusement.

Je dis malheureusement, car Ti-Poqué n'est pas encore revenu. Un autre chamboulement dans sa vie. On appelle ça, il paraît, un placement temporaire. Le temps que tout se replace. Le hic, c'est que c'est un autre déracinement, une autre instabilité. Et il est pour l'instant hébergé trop loin de nous.

Comment voulez-vous qu'il ait confiance et qu'il acquière des comportements, des réactions adéquates alors que tout lui foire dans les mains. Pas sa faute, pauvre ti-pou. Mais à 5 ans, que veux-tu comprendre de ça?

Tout ça pour dire que malgré tout ce que nous devons vivre, malgré le fait que j'apprécie ce retour en douceur, ce doux cocon que nous formons...

Je veux aussi réussir à offrir un peu de réconfort, d'encadrement, de stabilité, d'affection à ce Ti-Poqué?

J'ai beau en arracher par bout... je l'aime déjà pas mal.

08 janvier 2012

C'est qui...

....qui l'a c'est Marie-Stella?

Nooooooooon!

C'est qui qui qui qui qui retourne au travail demain?

C'eeeeeeeeest moooooooouuââââ (et tous mes autres collègues enseignants)!!!!!!

Bon retour à tous ;)

03 janvier 2012

Ma classe version 2012

21 élèves.

J'ai commencé l'année à 18 physiquement assis dans ma classe, mais à 20 sur papier. Les deux derniers version papier se sont matérialisés fin septembre.

Jam-packed, on dit en bon franglais.

Dernièrement, j'ai eu un nouveau.

Faites le calcul, ça fait 21.

Et attention, ce qui suit est une complainte. Oui je me plains.

21 en maternelle, c'est déjà du sport. Juste de faire des activités et de superviser les étapes, ça en mange du temps. Faire parler tous les enfants; ça en mange du temps. Couper un gâteau de fête en 21, ça en mange du temps. Au lieu de manger du temps, j'aimerais prendre ce temps-là pour avancer plus et approfondir plus. Mais ça aussi, ça mange du temps, que je n'ai plus, parce que même passer la simple collation et les calmer, ça mange beaucoup plus de temps. Faire la discipline pour avoir le silence pour commencer une activité, ça mange du temps.

Ce n'est pas mon groupe d'il y a deux ans, ni celui de l'an passé qui, à 18, mangeait un peu moins de temps tout en étant capable de s'autogérer. Cette année, j'ai beaucoup de défis.

J'ai au moins 10 mémères aux prunes; savez, celle et ceux qui viennent constamment se plaindre ou rapporter, généralement après avoir envenimé la situation?

J'ai un petit prince, que dis-je, un petit roi qui à la maison mène tout le monde par le bout du nez. Je ne peux rien lui laisser passer, car il est ratoureux, allumeur de feux (en 10 minutes il sait sur quels pitons peser pour faire perdre la tête à ses têtes de Turc), menteur, voleur et sait très bien ce qu'il fait avec son petit air supérieur (he's the boss). Mettons que le fait que Madame Dobby lui ait montré en début d'année que c'est elle le boss lui a terni la couronne un brin. Le hic, c'est que sans un encadrement serré et sans le confronter constamment à ses actes (quand il s'essaie, malgré tout, de temps à autre), Petit Prince est capable de foutre le bordel, et royalement!

J'ai aussi mon Petit Pitou Piteux. Pour faire une histoire courte, le seul papa qu'il ait connu l'a abandonné, mais s'occupe de ses frères (qui eux, sont sa progéniture) Ça te magane un ti-pitou ça. Insécure, besoin d'affection et d'attention, surtout depuis que j'ai dû m'absenter un brin pour raisons de santé. Mettons que c'est dur pour un ti-pitou deux semaines sans Madame Dobby, avec la pire suppléante que la Terre n'ait jamais portée (si... vous... saviez!!! J'en ai eu pour 2 semaines à tout ramasser, matériellement et humainement).

Et mon petit dernier? Soupir. Il en vaut 4. Très très très poqué. Depuis sa naissance, il ne l'a pas eu facile, et ne l'a toujours pas. J'ai tous les intervenants en alerte. Présentement, l'encadrement qu'on lui offre est un encadrement style classe de troubles de comportement. En extrême besoin d'attention, d'affection, d'encadrement, de stabilité, alouette. Hyperactif au possible. On est en attente d'évaluations. Et ça urge.
En attendant, j'encadre Ti-Poqué, je dois toujours morceler les consignes pour lui, être constamment après lui tout en essayant d'être attentive aux 20 autres. Surtout à Petit Pitou Piteux qui, lui, réagit pour avoir lui aussi de l’affection et de l’attention. Et que dire de Petit Prince qui, après avoir identifié tous les pitons disponibles, a mangé toute une mornifle de Ti-Poqué? Et quand Ti-Poqué dépasse la limite établie, il est sorti de classe. Et à ce moment, on se fait, les intervenantes et moi, de beaux biceps et de beaux abdos.

Et mes élèves, pendant ce temps-là, attendent pour recevoir ce qu’ils ont à recevoir en maternelle.

Et l'attente, ça mange du temps.

Je vous l'ai dit que j'avais 21 élèves, pis qu'on en mange du temps?

Frustrant.

02 janvier 2012

Il s'en passe des choses en presque deux ans...

...

Ouaip.

- Mon père a fini par divorcer ma mère, et "reprendre" sa vie. Après plus de 30 ans. Plus d'un an et demi d'incertitudes, de stress, de réaménagements, de déménagements, de larmes, de sentiments mêlés, d'énergie, d’attente. Autant pour ma mère que pour moi. Voilà l'histoire courte. Et ce n'est pas fini, car qui a dit que tout était réglé après un beau petit papier de la cour de justice? Reste tout l’après à gérer!

- J'ai racheté la part du duplex de mon père. Retour à la case zéro dans le décompte des 25 ans de l'hypothèque. Redéménagée en bas, avec ma mère; plus facile de m'occuper d'elle que de devoir faire l'aller-retour perpétuel entre les deux logements. Une chance que j'ai trouvé une locataire pour le haut parmi mes amis. Réajustements de vie à deux. Mise au point avec ma mère. Rénovations pour avoir mon coin à moi dans le sous-sol (rénos qui ne sont toujours pas finies)

- J'ai passé à l'infâme Twitter. Moi qui me disais que je resterais loin de tout ça... Fallait bien les New Kids On The Block et un certain Jon Knight pour m'y pousser, et surtout une belle communauté de fans comme moi, à travers le monde. Ok, je peux bien parler, j'ai cédé à la tentation de manière tout à fait volontaire et avec le plus grand des plaisirs. Social networks freak je suis! Reconnaître le problème c'est guérir n'est-ce pas? Une chance que je ne suis pas fana du cellulaire en plus...

- Finalement rencontré mes idoles :) Ouaip. J'ai rencontré Monsieur Donnie Wahlberg en novembre 2009 à son passage à Montréal *sourire gaga*. Câlin, sourire, "I'm so happy to see you" bredouillé, re-câlin et photo. Je me suis ensuite payé le gros luxe d'un VIP quand les gars sont venus à Montréal en juin 2011. J'ai vu mon beau Jon. Up close and personnal... et pas mal proche sur scène en plus *sourire de plus en plus gaga*. Et revus le show à leur retour en août, juste assez bien placé pour faire rire Jon avec ma pancarte *sourire gaga encore*. Je vous l'ai dit que j'étais une fan finie? Mais ça a tellement fait du bien de me lâcher lousse là-dedans!

- Nouvelle école. J'étais en surplus à la fin de 2010. J'ai quitté cette belle équipe avec peine vers un nouveau défi dans une école des plus multiculturelles. Mais cela fait maintenant deux ans que je suis à la même école. Beaux défis, beaux enfants, rire, super collègues. Mais surtout, ça fait du bien de se fixer. De voir ce que les enfants qui ont passé dans ma classe deviennent. Et devinez qui a crié, pleuré et sauté de joie en recevant une certaine lettre de la commission scolaire lui annonçant qu'elle était officiellement permanente?

Ouaip... il s'en est passé des choses depuis avril 2010. Des moments durs, des moments joyeux. J'espère que 2012 me réserve plus de joyeux, car j'ai eu ma claque depuis 2009 des moments poches.

Il serait temps que je dépoussière mon blogue pour l'agrémenter de nouvelles anecdotes non?

29 avril 2010

Baisse ta quoi!?!?!

Rébellion

Il y a deux semaines, alors que le beau temps refait son apparition et que les manteaux deviennent moins long à enfiler, je me fais jouer un vilain tour par l'horloge de la classe: elle ne fera sonner la cloche du départ que dans plus de 5 minutes. Je fais donc mon jeu de vestiaire préféré (et aimé des enfants). Il s'agit en fait d'un jeu de pratique du contact visuel où, lorsqu'un enfant est en contact avec moi, il doit, selon mon signe de tête, se lever ou s'asseoir. Ils aiment bien, et moi aussi vu que c'est un jeu relativement tranquille, parfait pour mon esprit de vestiaire (où le silence quasi-absolu et le calme règnent en vue du départ).

Je commence donc mes regards et signes de tête, tout roule. Je fais parfois lever et asseoir les enfants à répétition, ce qui les fait bien rire. Je regarde A., une de mes filles, lui fait un signe de tête et ça se produit. Elle me regarde, sourire en coin, se croise les bras et me fait signe que non. Je répète mon signe.... même attitude. Je lui fait donc en signe la "menace" suivante: si tu ne le fais pas, je me lève et tu vas voir! Les autres rient alors qu'elle me réitère son refus. Je me lève, faisant les "gros-zieux-pour-rire" et en riant elle fait ce que je lui ai demandé.

Affaire classée, me dis-je. Eh bien non. Les cinq dernières minutes ont été des plus hilarantes, car ils m'ont tous fait le coup, par entraînement mais aussi par confiance. Jamais un enfant qui est mal dans sa peau ne l'aurait fait. En fait, jamais mon petit S. ne l'aurait fait avant janvier, lui qui était presque gêner d'exister, et il l'a fait. Grosse victoire. Et moi, à chaque fois, j'inventais une nouvelle menace, passant de faire semblant de ne plus jouer à retourner une enfant tête en bas. Et quand j'ai dit, ouais mais à si on le fait tout le temps on ne pourra plus jouer pour vrai, ils m'ont dit qu'ils ne le faisaient qu'une fois chacun. Géniaux je vous dis.


Baisse ta 'upe!


Mise en situation. A. arrive à côté de moi comme un coup de vent, un cheveu sur la soupe, un pot de colle, une mouche à miel, bref comme à son habitude. Elle qui a toujours quelque chose à me dire, me dit que sa jupe la dérange, qu'elle doit la baisser.

Je la regarde, toujours avec mon air intérieurement ahuri. Je l'adore cette enfant, mais parfois...! Et c'est là que ma réponse sort.

Baisse ta 'upe les 'ambes te 'èlent!!!

A. me regarde et me dit quoi?!?!? Et je ris à la voir essayer de répéter la chose tout en essayant de savoir ce que je lui ai dit. Elle devine "jupe", mais ne trouve pas le reste. Je lui dit que le premier son manque dans chaque mot et que c'est le même qui manquait dans jupe. Elle se démène et c'est finalement T., un autre petit vite, qui lui dit que c'est le J. À force d'essais et de mimes, elle finit par trouver "jambes", et quand je rajoute au début de la phrase "C'est l'hiver..." elle trouve "gèlent".

Et la journée s'est terminée avec tous les enfants qui essayaient de répéter "baisse ta 'upe les 'ambes te 'èlent!"

17 janvier 2010

Petites nouvelles

Fais longtemps, je sais ;)

Ma classe? Adorable. Ils étaient 16 sur la liste. Un ne s'est jamais présenté. Un autre est disparu dans la brume, et c'est le système informatique qui nous a appris où il était rendu. Finalement, juste avant le premier bulletin, un a déménagé; c'était le seul "cas de comportement", le plus adorable des "cas"; je dis adorable, car le défi était là, mais il était tellement motivé que c'était agréable de travailler avec lui. J'ai maintenant 13 élèves, motivés, curieux et souvent très éveillés. N'est-ce pas qu'ils sont adorables mes élèves, Jess?

Je suis occupée oui. J'ai plusieurs réunions (vive les comités, ça vient avec le 100% de tâche, hihi), des catéchèses, du matériel et de l'organisation de classe. Ça explique en partie la longue absence. Ajoutons à ça que le soir je suis beaucoup sur MSN, sur Twitter (hey oui j'ai succombé), sur le Web pour me divertir. L'envie d'écrire un blogue est alors diluée dans l'instantané des communications, mais j'ai quand même débuté quelques billets, sans les terminer. J'ai aussi eux quelques occasions de faire la fête, et j'en ai profité.

Je m'enlignais pour vous donner des nouvelles plus tôt.

Sauf que... toute cette histoire d'il y a deux ans entre mes parents a pété de nouveau, en novembre. Sous un nouveau jour, plus du tout le même qu'à l'époque. Nouvel éclairage, nouvelles affirmations, nouveaux faits, plus du tout la même histoire. Mon père est en dépression et ce n'est pas d'hier... Beaucoup d'ajustements depuis novembre, de déceptions, de questionnement, d'émotions. Trop long à expliquer, mais ça ne remonte plus à ma naissance comme le disait mon père, il n'y a pas eu de pots recollés à cause de moi. Au moins ça. Ça a fait mal ces affirmations, ça fait encore mal, mais si ce n'est plus ça... au moins ça. Je vous l'ai dit: compliqué. Et je survis là-dedans. Ça va mieux maintenant, mais je survis encore sur certains aspects.

Par chance, j'ai ma classe, mes collègues, mon école. 8h par jour de bonheur, de "certitudes", de "stabilité", d'aventure, d'événements heureux. Dormir avec ma classe à l'école avant Noël a été magique et source de beaux souvenirs (et de fatigue, mais pas grave!). Mon travail est un peu mon moyen de survie. Je m'arrange aussi pour me gâter et me reposer. Et je discute avec des amies, j'essaie de ne rien garder en dedans quand du nouveau survient. Juste qu'après, je ne file plus pour parler ou écrire.

Donc voilà. Ce n'est pas que je n'ai pas des choses à vous raconter, juste que je n'ai tout d'abord pas eu le temps, puis perdu l'envie.

Mais... avec les étoiles que le souvenir de notre dodo à l'école m'amène dans les yeux, faudrait bien que je vous fasse partager l'expérience. Je n'ose pas promettre par contre. On verra.

04 septembre 2009

La vie fait bien les choses

Il y a de ces moments dans la vie où une décision prise préalablement fait en sorte d'influencer votre vie plus tard et de lui donner tout un tournant.

Et c'est ce qui s'est passé cette année, en juin pour être précise. J'ai choisi ce poste pour l'année en juin dernier. Je me disais que je me fixais pour l'année, que c'était ce que je voulais, et que je ne me présenterais pas aux affichages de septembre pour ne pas changer d'école. Hey oui, car un poste vacant choisi au bingo du début septembre n'est pas triangulé. Pourtant, si ce même poste est encore disponible la semaine suivante, il le sera.

Bref, je le répète, je n'avais aucune intention de me présenter; un déménagement alors que je venais de me fixer ne m'intéressait pas. Décision prise.

Sauf que...

Vous vous rappelez que dans mon école on a ouvert une autre classe de maternelle?

L'affichage de ce poste vacant était fait justement cette semaine au fameux bingo de septembre.

Je me suis présentée. Le tout pour le tout. Ça ou rien.

J'ai écouté ma musique et relaxé pendant l'attente de l'ouverture des portes. Et mon mantra était simple: si je l'avais, super. Si je ne l'avais pas, j'avais quand même une année à moi.

Et mon nom a été appelé.

Je suis allée à cette table.

J'ai bafouillé le nom du poste.

Depuis, je suis en choc.

J'ai pleuré de joie au téléphone avec ma mère.

Je n'aurais jamais pensé.

Pas cette année. Voyons. Dans quelques autres, peut-être.

Et je ne le crois toujours pas.

Vous me l'auriez dit que ça se passerait cette année que je ne vous aurais pas cru.

Hey oui, les choses ont tourné cette semaine.

Je suis dorénavant en voie de permanence, et je ne change ni de classe ni d'école.

Je n'arrête pas de regarder ce bout de papier, de relire l'en-tête et le nom de l'école, de même que le libellé de la plaquette d'affichage pour être certaine que je ne rêve pas.

La vie fait vraiment bien les choses parfois n'est-ce pas?

29 août 2009

Première semaine

Tout d'abord, bonne nouvelle.

Je ne suis plus en surdépassement. Mes collègues et moi avons reçu la nouvelle que le nombre d'élèves dans les classes de maternelle (toutes en surdépassement) allait justifier l'ouverture d'une autre classe. Ma liste revient à un niveau des plus agréable et je n'aurai plus à chercher où je pourrai bien confortablement placer ces quelques enfants de "plus" dans mon vestiaire déjà bondé. J'envisageais sérieusement l'idée de faire installer une mezzanine...

Dès la semaine prochaine, nous referons les groupes. C'est plate pour les enfants qui seront déplacés; bien qu'ils ne nous aient vu que cinq heures en tout depuis jeudi, toujours est-il qu'ils ont commencé à s'attacher. Nous avons fait attention toutefois de ne pas déplacer les plus fragiles d'entre eux. C'est mieux maintenant que plus tard, mais ce serait beaucoup mieux si le processus d'emploi permettait de trouver immédiatement la personne qui sera leur prof pour l'année; en attendant l'affichage, les enfants devront avoir une suppléante. Espérance que la suppléante ne partira pas en courant après un jour, et que l'administratif ne gèrera pas la chose en suppléance au jour le jour. Sinon, bonjour le bal des suppléants!

J'ai adoré mon premier contact avec les enfants qui composent ma classe. Je n'ai jamais vu une classe qui, en début d'année, avait suffisamment de calme pour me permettre de remplir la paperasse habituelle sans que j'aie à intervenir. Même les gens qui sont venus en soutien ou chercher les papiers n'en revenaient pas. Ils étaient assis, et chuchotaient tout simplement. Bien que le surdépassement n'était pas l'idéal ni pour eux ni pour moi, j'ai eu de la difficulté à dire lesquels je laissais partir pour l'autre classe.

Déjà je sais lesquels sont les plus poqués par la vie, lesquels sont les plus allumés, lesquels sont les plus ver à choux, lesquels sont les plus confrontants, lesquels sont les plus aidants et attentifs aux autres, lesquels auront le plus besoin de soutien.

J'ai bien hâte de les retrouver lundi :)

25 août 2009

Deuxième journée

Fatiguée.

Brûlée

J'ai accroché des affiches, placé et déplacer mes tables, placé et déplacé mes armoires, identifié tous les effets scolaires des élèves, déplacé des meubles, placé puis déplacé puis replacé les ordinateurs, déménagé mes boîtes et mes sacs bourrés, placé mon espace prof.

Brûlée. Et mal de "reinké" en prime.

Demain? Réunion et sensiblement le même train-train.

Est-ce que je vous ai dit que j'étais brûlée?

24 août 2009

Première journée!

Elle s'est quand même bien déroulée.

J'ai rencontré ma direction, toujours aussi accueillante (pour vrai, c'est un charme travailler avec cette personne) mes collègues du préscolaire, qui sont toutes bien contentes de me voir. Ensuite, rencontre de tous les autres collègues (qui sont bien contents de me voir et surtout de voir que j'ai pu avoir ce remplacement).

Au menu? Travail personnel et réunion. Le hic c'est que mon travail personnel s'est résumé à imaginer l'aménagement possible et à tenter de replacer le plus de meubles possible par moi-même. J'étais chanceuse que les gros chevalets lourds étaient sur roulettes! Le reste, trop lourd, reste en plein milieu, m'empêchant de terminer d'aménager ma classe. Le concierge courant partout, j'ai eu beau lui demander, ce n'est pas encore fait. Demain j'irai le revoir.

Et devinez quel CD a inauguré l'ouverture de ma classe... Oréole interdit de répondre :P

Oh... et espérez avec moi qu'il y a eu quelques déménagements cet été ou que plusieurs se sont ajoutés afin d'ouvrir une troisième classe de maternelle, car je suis en plus que dépassement sur papier!!! Gé-ni-al. Surtout avec une pseudo rentrée progressive. Non.. non... je ne partirai pas là dessus. Je vous mets seulement le lien suivant :)

La rentrée progressive à la maternelle

23 août 2009

Un dodo!!

V! Vi!

Il me reste un dodo... ça fait une semaine que je compte les dodos, comme une grande: sept, six, cinq, quatre, trois, deux... et maintenant un!!!

Mon sac est prêt, mes boîtes sont prêtes (wow, j'ai des boîtes moi aussi ENFIN!) mon lunch est prêt, je suis prête!

Me reste juste à faire dodo... pas tout de suite, faut quand même profiter des dernières heures de vacances pour mon vice de l'été: Twitter et les New Kids On The Block (je dis mon vice, car sans les New Kids je ne serais pas sur Twitter).

Demain, déjeuner rencontre, puis au boulot. J'ai beaucoup de questions pour ma collègue, surtout en ce qui a trait à la rentrée des élèves. Sera-t-elle progressive, organisée, déjà institutionnalisée, les surveillances, etc. Probablement que je devrai commencer à placer le local (espérance que les meubles ne seront pas tous dans le même coin, ça aiderait!)

Oh, au fait, aviez-vous compris que j'ai hâte de prendre possession de mon prix de bingo?

;) Bonne rentrée chers confrères!

27 juillet 2009

Tranche de vie!

Il y a de ces moments dans la vie d'une femme où elle doit faire certains achats. Certains achats mensuels disons. Certains achats intimes et personnels.

Prenons par exemple l'achat de serviettes hygiéniques. Hey ben ouais!

On ne veut pas montrer ça à tout le monde en sortant du magasin, n'est-ce pas?

Me semble que c'est clair en partant, non?

Eh ben...

Le sévice à la clientèle étant dorénavant empreint d'écologisme aigu, la petite phrase à la mode est "est-ce que vous voulez un sac?".

Je suis la première à ne pas en prendre chez mon ami Jean Coutu quand ça peut se loger dans ma sacoche ou si j'ai un sac écolo avec moi. Le hic, c'est que la semaine passée je n'avais pas de sac avec moi. Et je faisais justement une visite surprise chez Jean Coutu vu que je n'avais plus de réserve de ces damnées serviettes. Partie en oubliant le sac. Ça arrive.

À la caisse, la jeune demoiselle me lance, avec un automatisme déconcertant après le "est-ce que vous voulez autre chose?" et le "avez-vous la carte Air Lousses?", un "Est-ce que vous voulez un sac?"...

...
...
...

Vous la voyez venir?

Qui veut sortir de la pharmacie avec un sac de serviettes hygiéniques à l'air? Qui veut sortir avec une boîte de condoms à l'air? À la défense des condoms, par contre, je dirai que j'aurais pu au moins les cacher dans ma sacoche. Le sac de serviettes, par contre, aurait fallu que je travaille solide dessus!

Bref... quand elle m'a lancé sa question, j'ai légèrement figé. J'ai même, l'espace d'un moment, eu une conscience écologique, tout de suite suivie d'un "whoa là il y a des limites à tout!!!". C'est après ce "wake-up call" que j'ai regardé la pauvre caissière (très estudiantine) et que j'ai bafouilllé un "Ben... euuh... oui. Parce que. c'est pas le genre de truc que ça me tente de ramener devant tout le monde finalement..."

On l'a rit, mais je crois qu'elle vient d'en apprendre une bonne sur le sévice à la clientèle :D

24 juillet 2009

Je ne fais pas que travailler...

Aux détours de courriels, de recherche sur Youtube, je suis tombée sur...

Le duo des chats, G.A Rossini, par les petits chanteurs à la croix de bois. Moi, c'est le ptit brun que je veux dans ma classe!

09 juillet 2009

Prof en vacances... ouais me semble!

Je sais... ce sont les vacances...

Mais j'ai tellement hâte...

Que je me permets quelque dérogations au code d'honneur des vacances d'été.

Eh oui...

J'ai monté mes affiches de règles de vie.

J'ai trouvé un moyen afin de plastifier une myriade de petits rectangles de couleur de manière à ce que la pauvre madame responsable n'ait pas à les passer un par un tout en m'assurant que trois des quatre côtés soient plastifiés assez loin pour ne pas se déplastifier à l'usage.

J'ai acheté six beaux paniers de couleurs vives et différentes, paniers que j'ai trouvés par hasard dans une épicerie.

Dans une autre épicerie, j'ai acheté un livre "animé" (savez, avec les pliages articulés) à 5$ au lieu de 17$. Miam Miam sera parfait en mars pour rigoler avec l'alimentation!

Et je prévois encore faire quelques petites "babioles". Mais à temps perdu... ouais me semble!

Ho.. faudrait que j'achète du Velcro autocollant, et des aimants autocollants, et aussi...

02 juillet 2009

Petites nouvelles de moi!

La fin de l'année est enfin arrivée, et les vacances de même. Enfin! Il s'en est passé des choses depuis.

  • Concert des New Kids on the Block
    J'ai encore des étoiles plein les yeux, le coeur plein de souvenirs et d'émotions. Moi qui pensais que j'allais les voir enfin et qu'ensuite je pourrais dire mission accomplie! je ne sais pas ce qu'ils mettent dans leur éclairage, leur fumée ou leurs confettis, mais une chose est sûre. Depuis le concert, je m'ennuie d'eux, de l'énergie, de la magie. J'en veux plus. Disons que ça me donne mon coup de pied au derrière pour aller chercher mon passeport au plus vite. Madame Dobby va sortir en grand pour aller les revoir! Faire ce que je n’ai pas encore osé faire quoi... et que je n’aurais probablement pas osé faire autrement.


  • Fin d'année avec ma classe
    Je remplaçais une journée semaine pendant l'année dans une classe. J'ai terminé l'année avec elle. Disons que jamais je n'aurais cru qu'un 40 jours puisse être à ce point rempli de rebondissements et d'aventures. PMT m'aurait dit qu'un 40 onces l'est que je l'aurais bien plus cru! La dernière journée a été égale aux autres, à la différence que les 3 ou 4 éléments savaient très bien que c'était la dernière journée. Ça a été plus ou moins plate de les mettre un dans un coin, l'autre dans l'autre, l'autre sur le banc près de la porte, et d'entendre chiâler certains autres comme à leur habitude. Je n'ai pas été fâché de les remettre à leurs parents. Il y a des années comme ça.


  • Gros lot au bingo!
    Eh oui, j'ai gagné dans un merveilleux bingo, celui des affichages de postes. Ce que j'ai gagné? Un voyage d'un an dans une école avec une super équipe de direction, remplacement tout inclus, y compris la collègue vraiment fine comme cerise sur le sundae. Ma classe... pour l'année! Enfin!!! Plus de promenades, plus de jours de la marmotte. Mes projets, mes bébelles, mes élèves, mes routines! YÉÉÉÉÉÉ!!!!!


  • Stevie Wonder
    Si vous vous attendez à un beau récapitulatif du spectacle, oubliez ça! Tout ce que j'ai réussi à faire c'est une marche de santé d'une heure quelque part entre la sortie Bleury du métro Place-des-Arts et le métro Saint-Laurent. Ça et un trajet dans un métro ultra bondé. Je dirais même plus que bondé; c'est juste pour dire qu'on ne se croyait pas en Inde; manquaient juste les gens sur le dessus des wagons! Les policiers ont forcé la sortie vers Bleury dès le quai, sûrement parce que de toute manière, avec tous les gens devant la scène, ça ne pouvait tout simplement plus passer. Compréhensible.

    Sauf que... la ptite madame Dobby, avoir su, aurait regardé comme il faut une carte avant de se rendre question de ne pas être perdue dans ses points de repère. Je n'avais plus besoin de le faire à la sortie Jeanne-Mance, et je croyais qu'on sortirait là. Pouhahahaha. Erreur. Me suis retrouvée perdue dans une foule (sentimentale? euh...) Pendant 10 minutes, j'ai suivi le troupeau, qui lui suivait les directions de quelques policiers jusqu'à un gros motton, pensant être arrivé. Pouhahahah. Deuxième erreur. Je ne savais pas plus où j'étais.

    Après 15 minutes d'intense promiscuité, on a fini par avoir des nouvelles de ceux qui étaient en avant du motton et qui quittaient; ça ne rentrait pas à cet endroit. Grrrrr. J'ai essayé de me rendre, mais après deux ou trois débouchés bouchés, j'ai complètement perdu la carte. Je l'aime bien Stevie, mais là... Quand j'ai vu le nom Saint-Laurent sur un écriteau, et une belle pente descendante, j'ai pris mes jambes et je les ai amenées jusqu'à la station. Et encore, je n'ai pas eu ma leçon! En rencontrant une rue transversale d'où j'entendais le début du spectacle, j'ai essayé de nouveau, sans rien trouver dans la noirceur, même après avoir passé la barricade d'entrée d'un site du Festival... Bah disons que je me suis découragée avant d'arriver au bout qui me semblait encore très loin (sans savoir ce que je n'y trouverais pas).

    Suis retournée chez moi. 200 000 personnes qu'il y avait.

    Chanceuse qu'une amie ait enregistré du son et des vidéos. J'ai pu frissonner un brin.


Voilà!

04 juin 2009

Mémoire affective

Non, je ne parlerai pas du film. Mais c'est le titre qui me vient en tête présentement, c'est le seul qui peut décrire ce qui s'est passé lundi.

Tout d'abord, pour comprendre, allez lire ceci, puis cela.

Et maintenant, lisez ce qui suit. Même si c'est long. J'ai besoin d'écrire si long.

L'an passé, j'ai eu le plaisir de rencontrer par hasard l'enseignante qui avait terminé l'année avec eux. Pur hasard, et quel hasard. Au détour d'une jasette, j'ai découvert qu'elle avait été avec eux pour 3 ou 4 mois. Seulement. Pourtant, je les avais laissés en septembre. Pourquoi ne les a-t-elle pas eus plus longtemps? C'est simple; pour X raisons, ils avaient eu affaire à tellement de suppléants qu'elle était la onzième à y passer. Certaines avaient sauvé leur peau, d'autres comme moi n'avaient fait que passer entre elles, une autre avait dû partir. Déjà que l'année d'avant ils avaient goûté à la même médecine,vous imaginez ce qu'ils sont devenus. Malheureusement. Cette enseignante, qui les avait eus le plus longtemps, en avait bavé. Ils en sont même allés jusqu'à lui dire dès le départ que les autres étaient partis et qu'elle ne ferait pas mieux elle non plus. Pour leur rendre service, pour eux, elle a tenu le coup, bien qu'elle ait été fripée au passage.

J'étais triste pour eux. Eh oui, je suis comme ça. D'où le titre de mon billet. Mémoire affective. Je me souviens de tant de classes, de tant d'élèves, de tant d'anecdotes, et, surtout, de tant de "poqués". Même les noms s'impriment au passage dans ma mémoire, ce qui fait que souvent je me rappelle des années plus tard les avoir eus devant moi une journée. Il va sans dire que les classes où je passe plusieurs jours me marquent encore plus. Je me rappelle d'autant mieux les classes où j'ai dû faire un travail de "relevailles". Je suis mal faite, mais je suis faite comme ça.

Travail de "relevailles". C'était le cas pour cette classe de quatrième d'il y a deux ans, celle dont je parlais dans les billets que je vous ai fait lire et dont j'ai rencontré la dernière enseignante. Ces élèves, maintenant, sont en 6e année. Je me rappelle même plusieurs de leurs noms; bon, ça aide qu'ils ne soient pas totalement québécois pour la plupart et ainsi des noms pas trop communs pour mes oreilles, mais quand même, je m'en rappelle.

Lundi, donc, je devais remplacer deux enseignantes de sixième année en pleine correction des infâmes examens du ministère dans cette même école. Un et un faisant toujours deux, je savais que je tomberais sur ces élèves répartis entre les deux classes. Le matin, ça a relativement bien été. Très bien même. Pas trop de chialage, ça s'est vite placé, ça a roulé. Ils ont retrouvé leurs marques avec moi.

Là où ça s'est corsé, c'est en après-midi. J'ai réalisé qu'un des noyaux durs était dans cette classe. Le chialage, le gossage, les répliques, les niaiseries et les rires impolis venaient beaucoup d'elles et d'eux, et ça ne s'est pas amélioré avec tout ce que je vous ai raconté plus haut. Une s'est même rappelé que je les avais eus pendant trois jours en quatrième année. Les autres ont aussitôt allumé.

La première heure a été remplie d'interventions, lourdes, toujours à recommencer. Pas moyen d'avancer réellement; "l'obstinage ", les commentaires, et tout le bataclan prenaient beaucoup de place. Et me faire prendre pour une épaisse quand je demande de se taire et qu'on me dit "Ben là j'ai pas parlé! As-tu vu ma bouche bouger?" (rires des autres), alors que je l'avais observé un brin voir si elle réagirait par elle-même, j'ai passé l'ancienneté. Même mon "Heille, je sais que grosse et épaisse ce sont des synonymes, mais même si je suis grosse prends-moi pas pour une épaisse!" n'a pas eu raison de tout, bien que ça ait fermé le clapet à certains.

Finalement, après la récré, et voyant que ça ne s'améliorait pas de retour en classe, j'ai mis en fonction une de mes menaces précédentes: vous voulez que je fasse la police et que je vous surveille, bien parfait. Tout le monde range ces choses, tout le monde met ses bras sur le pupitre, tout le monde est en silence. Vous ne faites rien d'autre, et moi je vais vous surveiller. Point. Et ceux qui ne respecteront pas ces consignes, vous aurez la surprise après, car je prends en note tous les noms, je mets des X, et à la fin je vous dirai combien de fois vous devrez faire la copie. "C'est quoi la copie?" de lancer une. Moi de répondre qu'elle devrait s'inquiéter de s'arranger pour ne pas la faire plutôt que de ce qui sera à écrire.

Et j'ai fait la police. Le pire, c'est que ça a fonctionné. Après quatre ou cinq interventions du genre range la gommette, remets tes mains sur le pupitre, arrête de répliquer, et ce, tout en écrivant au fur et à mesure des noms et des X, ça a eu tout le succès escompté. Le dernier X que j'ai mis a été sous-entendu d'un regard profond, et l'élève a vite lâché ce qu'elle faisait de dérangeant juste en voyant ensuite mon crayon s'animer.

Je dis pire, car croyez-vous que j'aime utiliser cette méthode? Pas du tout. Je l'utilise quand le reste ne fonctionne pas, quand ça sent la perte de contrôle. Mais je la déteste. Je ne suis pas une police. Par contre s'il faut en arriver à faire de la base à ce point, je n'ai pas le choix.

Je les ai gardés pendant 30 minutes ainsi. Certains levaient la main, surtout les plus tranquilles, et je leur faisais signe que je ne les écoutais pas. Les autres ont fini par se coucher la tête dans les bras. Je les regardais, tellement calmes que ça faisait presque pitié. Et dans ma tête, je me disais "bordel, j'aurais donc aimé rester avec eux, bon sang, ils ont été tellement malmenés par les événements, il ne leur manquait que ça pour que, sans devenir parfaits, ils deviennent mieux." Et encore, cette année, j'avais su pendant la récré, ils s'étaient tapé un bal de suppléants. Yé.

J'aurais voulu tout leur dire ce que j'avais en tête, mais ça ne voulait pas sortir. Motton. J'ai décidé de leur écrire plutôt. Je me suis levée, je suis allée au tableau, et j'ai écrit:

Je n'ai pas envie de vous parler. Je vais donc vous écrire. Surtout à ceux et celles qui étaient dans cette classe de quatrième année, Les autres comprendront. J'ai pensé à vous pendant les deux années passées. --

Là, une élève a émis un rire. et j'ai continué. Pesant mes mots, prenant le temps de réfléchir, entre deux mottons.

-- Pas en mal, détrompez-vous. Je me demandais ce que vous étiez devenus, et j'espérais que ça avait été mieux pour vous. Malheureusement, j'ai rencontré une enseignante qui vous a eu pendant quelque temps, et j'ai appris que ça n'avait pas été la joie pour vous. Je crois que ça vous a "endurcis" ou "rentré dedans", je ne sais pas. Mais j'étais triste pour vous. Je suis faite comme ça, je pense et je m'inquiète de "mes poqués". J'aurais voulu que ça aille mieux pour vous. Ça ne me tente royalement pas de faire la police avec vous. Maintenant, si vous êtes prêts à travailler et à être OK, levez la main et je vais aller vous porter le travail.

Pendant que j'écrivais le dernier bout, je sentais quelque chose derrière moi; je sentais leur lecture, je sentais qu'ils attendaient les prochains mots. Quand j'ai fini par déposer ma craie, j'espérais.

Je me suis retournée.

Les trois pires avaient déjà la main levée. Les autres se regardaient, pendant que je leur donnais les feuilles, et levaient la main un à la suite de l'autre. Pas un mot n'a été dit. Surtout pas de moi, je n'aurais pas été capable. Motton. J'ai presque tout passé. Ils travaillaient, ne disaient pas un mot. Une seule n'avait pas eu le travail. J'ai soupçonné qu'elle n'avait même pas vu que j'écrivais, car elle était couchée, la tête dans les bras, comme au début de mon mot. Je suis allée la secouer doucement, elle a ri pour commencer à niaiser, personne ne l'a suivi. Je ne lui ai posé qu'une question: "As-tu lu ce que j'ai écrit?" "Non, hihihi!" "Lis."

Je suis partie. Elle a lu. Sourire en coin tout d'abord, puis sérieusement. Et elle a levé la main.

De retour au bureau, j'ai senti le retour de l'ascenseur me rentrer dedans. Et j'ai senti émaner d'eux plein d'ondes et de je ne sais quoi. C'est là que j'ai ravalé et je me suis mouchée.

À la fin, j'ai fait ramasser les travaux. "Vous ramassez? Mais on doit le faire en devoir!?!?" "Non, ramasse pis laisse faire". Ça s'est fait dans le calme. Non, ils ne ramèneraient pas de travail à la maison. J'ai barré les noms pris en note. C'était ma manière de signer la trêve. Puis, je leur ai parlé. Je leur ai dit que je n'aurais pas été capable de leur dire ça de vive voix, que je voulais leur faire le message depuis longtemps, que j'aurais aimé le faire en d'autres circonstances. Que j'aurais aimé rester avec eux en quatrième année, mais que ça n'avait pas été possible. Je leur ai souhaité bonne vie et bon passage au secondaire, de profiter des activités, de leur vie là-bas et surtout de leurs études, car les études étaient le plus beau cadeau qu'ils pouvaient se faire. Ils n'ont rien dit, sauf merci.

Ils ont pris leur rang, chahutant un peu, mais ce n'était pas aussi difficile. Une des trois pires a pris la brosse à tableau et a tout effacé le message. C'est bien ainsi; c'est entre eux et moi tout ça. Jusqu'à la porte, ça s'est bien passé. J'ai eu des beaux bonjours, des sourires, des clins d'oeil. J'en ai tout autant distribué. Un m'a même demandé si je reviendrais dans leur classe. Je lui ai dit que je ne pensais pas étant donné qu'il ne reste que quelques jours.

Je me demandais si j'avais bien fait. Je pense que oui.

J'espère que ça leur a fait du bien.

J'espère, car même si j'en suis encore chavirée, ça a fait du bien de mon bord aussi.

Même si en écrivant, j'ai encore le motton.

12 mai 2009

Sept semaines...

Un peu plus de sept semaines...

Et c'est la fin de mes jours de suppléance? Probablement. Mais ce n'est pas ça qui m'importe (quoique j'ai pas mal hâte d'en finir avec ça aussi).

Non... Sept semaines et...

... et je pourrai les voir... ENFIN!!!

Presque 20 ans que je rêve de ce moment...

9 mois après notre premier rendez-vous manqué...

Qu'il fasse soleil ou qu'il pleuve, on s'y verra mes beaux!!!

17 avril 2009

Câlin-aholic

Non, je ne suis pas dépendante à ce point, mais reste que ça fait vraiment du bien. Et parce que ça fait du bien au moral, j'entretiens la chose. Venez m’en faire des câlins (quand c'est le temps évidemment, pas quand je suis en train de vous demander pour la 15e fois de vous placer en rang...). Et souvent, j'en demande.

Essayez de rester fatigués, songeurs ou dans votre bulle quand des enfants vous reconnaissent dans la rue, vous disent bonjour avec vigueur (pour ne pas dire avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles) puis vous sautent littéralement dans les bras. Ça vous remonte le Canayen et vous étampe un sourire en pleine face. Même sans la partie câlins, ça fait du bien, surtout quand les fameux bonjours viennent d'élèves qui auraient toutes les raisons de vous éviter vu que leur dernière période libre en votre présence s'est passée "sur le banc".

Ça redonne un boost d'énergie.

Des exemples?

  • Au retour du travail, ce soir, j'en ai eu quatre pour le prix d'un. Quatre enfants du primaire, enjoués et souriants, qui, me voyant à l'arrêt d'autobus, ont traversé la rue pour venir me voir et me sauter dans les bras. Une petite qui à toutes les fois qu'elle me voit prend sa course et vient me serrer fort, son frère et deux de leurs amis. On a jasé de leurs projets, ri un peu puis ils sont repartis à leur petite affaire.


  • Lorsque j'ai fait ce fameux premier dernier stage, j'ai eu un moment de franc découragement. Tous les autres enfants de la classe le percevaient. La preuve que les enfants sont de vraies petites éponges. Une des élèves, du haut de ses cinq ans, est venue à côté de moi et m'a frotté le dos, en me disant qu'elle ne trouvait pas ça plaisant pour moi ce qu'il faisait. Ces quelques cercles dans mon dos m'ont tellement fait du bien que je m'en souviens encore.


  • Un vieil ancien élève de bénévolat, que j'ai revu ado au camp de jour où je travaillais, m'a sauté littéralement dans les bras. Et non, il n'y avait pas le trip "poitrine" caché sous la manoeuvre. Il est trop poli, innocent et naïf, allumé dans son discours, sage et honnête pour ça. Mature, et encore assez enfant à 14 ans pour accepter de serrer une prof dans ses bras sans arrière-pensées. Pourtant, j'ai déjà eu à être assez sévère avec lui, petit chenapan! Semble que ça ne l'a pas trop traumatisé cet ado une demi-tête plus grand que moi! Depuis ce fameux été, je me demande ce qu'ils sont devenus, lui et sa vieille sagesse. Il devrait avoir 19 ans présentement.


C'est là l'avantage de travailler dans mon quartier. Chaque jour, je risque d'avoir "ma dose" de bonjours ou de câlins. Et ça peut aussi être des bonjours et des sourires provenant de parents. Je ne sais jamais quand ni où: ça peut être dans l'allée des biscuits sodas, au comptoir des viandes ou dans un wagon de métro. Ça peut être aussi lorsque je suis bien installée dans ma chaise longue dans ma cour ou à la clinique. Certains de mes collègues n'aiment pas l'idée, et je leur explique toujours que les enfants sont assez intelligents et comprennent vite que je suis dans ma bulle, dans ma vie privée. Après leur gentil bonjour et 2-3 échanges, ils s'en vont, contents, mais respectueux de mon intimité. Le mythe du placard où les profs sont remisés le vendredi et dorment jusqu'au lundi suivant en prend pour son rhume, mais bon, il le faut bien pour qu'ensuite ils arrêtent de croire au Père Noël!

Ça fait du bien à tout le monde... et je serais bien folle de ne pas en redemander!